Les camps de prisonniers

Un jour, mon prof de français de rétho nous a dit qu’un peintre (dont j’ai oublié le nom) était un visionnaire car il avait dessiné une œuvre rappelant les photos prises à la libération des camps de concentrations nazis une vingtaine d’années avant les faits. Plus tard j’ai découvert ceci:
http://a53.idata.over-blog.com/258×500/0/36/04/00/Peintres-et-photos-Etats-Unis/soldat-de-l-union-rescap–du-camp-d-Andersonville–inconnu.jpg
(C’est délibérément que je ne poste pas la photo car soyez en avertis, elle peut choquer certaines personnes, donc pour ceux qui s’en sentent capable, suivez le lien).

Cette photo a été prise en 1865 lorsque les troupes fédérales du général Sherman ont libérés les soldats nordistes retenus dans la prison sudiste d’Andersonville.
Je ne suis plus sûr du tout que ce peintre ait été un visionnaire…(surtout quand on pense également à se qu’il s’est passé durant la Guerre des Boers)

Le camp de prisonnier d’Andersonville, officiellement nommé Camp Sumter, fut établit au mois de février 1864 en Géorgie et accueillit au total près de 45 000 prisonniers nordistes sur 107000 m². Au plus fort de sa population en 1864, le camp comptait 33 000 hommes soit environ 11 mètres carrés par personne. Sur l’ensemble des détenus, 12 913 moururent de faim, de maladie, de la violence des gardiens ou par exécutions. Les conditions de vie du camp n’avaient rien à envier à celles des camps qui allaient voir le jour en Allemagne au siècle suivant, exception faite des fours crématoires.
Un soldat raconte: « As we entered the place, a spectacle met our eyes that almost froze our blood with horror, and made our hearts fail within us. Before us were forms that had once been active and erect;—stalwart men, now nothing but mere walking skeletons, covered with filth and vermin. Many of our men, in the heat and intensity of their feeling, exclaimed with earnestness. « Can this be hell? » « God protect us! » and all thought that He alone could bring them out alive from so terrible a place. In the center of the whole was a swamp, occupying about three or four acres of the narrowed limits, and a part of this marshy place had been used by the prisoners as a sink, and excrement covered the ground, the scent arising from which was suffocating. The ground allotted to our ninety was near the edge of this plague-spot, and how we were to live through the warm summer weather in the midst of such fearful surroundings, was more than we cared to think of just then. »

Le camp ne disposait pas du moindre arbre, donc pas de zones d’ombre alors que l’été 1864 fut très chaud, les prisonniers vivaient jusqu’à six dans des abris constitués de tentes militaires ou de cabanes de fortune que les prisonniers devaient construire eux-mêmes et seuls les plus chanceux disposaient de paillasses, les approvisionnements étaient rares en raison des difficultés de la Confédération à produire des ressources alimentaires – et ce même pour ses propres armées – si bien que la dysenterie et le scorbut firent des ravages, l’hygiène était assurée par un petit cours d’eau traversant le camp mais restait largement insuffisante, les cadavres étaient enterrés dans des charniers et pour couronner le tout, des bandes de pilleurs apparurent parmi les prisonniers et n’hésitèrent pas à dépouiller leurs frères d’armes pour survivre.
Il est néanmoins nécessaire de préciser que les conditions de vie des soldats en campagne n’étaient pas roses non plus. Comme toutes les guerres antérieures à la Première Guerre Mondiale, la Guerre de Sécession fit plus de morts par les maladies ou la malnutrition que par les combats. Mais dans le cas d’Andersonville, une meilleure gestion de la prison aurait fort probablement réduit de manière considérable le nombre de décès, aussi la responsabilité humaine reste indéniable.

Le commandant du camp, le capitaine Henry Wirz, fut condamné à mort pour des motifs que l’on qualifie aujourd’hui de crimes de guerres. Ce fut le seul à avoir été jugé coupable de ce crime au cours de toute la guerre et de son règlement postérieur. Selon certains historiens il fût un bouc émissaire pour l’ensemble des horreurs de la guerre.

Si Andersonville fut bien le pire des camps de prisonnier, il ne fut pas le seul. Au Nord, un autre camp a été son équivalent fédéral bien que dans des proportions moindre, Point Lookout dans le Maryland. Ce camp, fut construit en 1863 pour accueillir initialement 10 000 prisonniers. Mais comme pour Andersonville, à la fin de la guerre, il avait largement dépassé sa capacité pour compter au total près de 50 000 détenus sur lesquels près de 4000 moururent.

La raison pour laquelle les capacités d’accueil des camps furent largement dépassées au Nord comme Sud, réside dans l’arrêt du processus d’échange de prisonniers. En effet, jusqu’en 1863 les deux camps s’échangeaient leurs prisonniers mais, suite à la découverte par Lincoln des conditions dans lesquels ses soldats étaient détenus au Sud ainsi que le problème des soldats noirs capturés par les confédérés qui étaient exécutés ou asservis, cette pratique s’arrêta. Cependant, aucun des deux camps n’étaient préparés à gérer un nombre trop important de prisonniers.

Au cours de la guerre, d’autres camps virent le jour mais dans ceux là, la situation resta plus ou moins normale:

Au Nord:

  • Camp Chase – Columbus, Ohio
  • Camp Douglas (Chicago) – Chicago, Illinois
  • Davids’ Island – New York City
  • Elmira Prison – Elmira, New York
  • Fort Delaware – Delaware City, Delaware
  • Fort Warren – Boston, Massachusetts
  • Gratiot Street Prison – St. Louis, Missouri
  • Johnson’s Island – Lake Erie, Sandusky, Ohio
  • Ohio Penitentiary – Columbus, Ohio
  • Old Capitol Prison – Washington, DC
  • Rock Island Prison – Rock Island, Illinois

Au Sud:

  • Belle Isle – Richmond, Virginia
  • Blackshear Prison – Blackshear, Georgia
  • Cahaba Prison – Selma, Alabama
  • Camp Ford – Tyler, Texas
  • Castle Pinckney – Charleston, South Carolina
  • Castle Sorghum – Columbia, South Carolina
  • Castle Thunder – Richmond, Virginia
  • Danville Prison – Danville, Virginia
  • Florence Stockade – Florence, South Carolina
  • Fort Pulaski – Savannah, Georgia
  • Libby Prison – Richmond, Virginia
  • Salisbury Prison – Salisbury, North Carolina

Au terme de la guerre, près de 400 000 combattants ont été internés dans des camps et environ 56 000 y sont mort.

Photos d’Andersonville, probablement prises à la libération du camp:

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