L’expédition de John Brown à Harpers Ferry

Un dernier évènement devait montrer à quel point les deux communautés des Etats-Unis étaient à couteaux tirés avant l’élection présidentielle de 1860.[1]

En octobre 1859, John Brown, un abolitionniste radical intimement persuadé d’avoir reçu de Dieu la mission d’abolir l’esclavage aux Etats-Unis et qui avait déjà été actif aux cotés des Free Soilers durant la Guerre du Kansas, mis sur pied un plan d’attaque contre la petite ville de Harpers Ferry, située dans le nord de l’Etat de Virginie[2], où se situait l’un des deux seuls arsenaux de l’armée américaine. Son objectif était de s’emparer de celui-ci dans le but d’armer une révolte d’esclaves avec les quelques 100 000 armes qu’il contenait. De plus, il comptait sur un soutien des abolitionnistes du Nord, aussi bien par les armes que financier.[3]

Le 16 octobre, Brown et vingt-et-un de ses acolytes dont cinq noirs passèrent à l’action. Brown, lui-même, mena, avec dix-huit hommes, l’assaut contre l’arsenal et si celui-ci fut une réussite, le soulèvement escompté, lui, ne se produisit pas. Si bien que Brown et ses hommes se retrouvèrent seuls dans la ville lorsque le 18 octobre une compagnie de marines commandée par le colonel Robert Edward Lee arriva pour reprendre le contrôle de l’arsenal. Deux soldats et dix rebelles furent tués, sept furent capturés dont Brown et quatre autres parvinrent à s’échapper.[4]

Le 2 décembre, suite à un procès rapide, John Brown fut exécuté par pendaison pour crime de haute trahison. Les autres rebelles ayant été capturés connurent le même sort dans les mois suivants.[5]
Le matin de sa pendaison, Brown écrivit ce qui aujourd’hui ressemble fort à une prédiction: « I, John Brown, am now quite certain that the crimes of this guilty land will never be purged away but with blood« .[6]

Ce raid contribua encore un peu plus encore à démontrer et à creuser le fossé entre le Nord et le Sud. Les abolitionnistes pleurèrent un martyr et les esclavagistes commencèrent à s’armer par crainte de nouveaux raids de ce genre sur leurs terres avec pour conséquence que lorsque la guerre commença le Sud y était déjà mieux préparé.[7]

 Figure 12: Le raid de John Brown sur Harpers Ferry


[1] Pour plus d’informations relatives à cet épisode de l’histoire américaine, se référer aux ouvrages réalisés sur John Brown.

[2] Aujourd’hui en Virginie-Occidentale

[3] McPHERSON James M., Battle cry of freedom: the Civil War era, Oxford: Oxford University Press, 2003, p. 205.

[4] James McPHERSON, op.cit., pp. 226-227.

[5] Ibid.

[6] BURNS Ken, The Civil War, episode 1: The Cause, Arlington: Public Broadcasting Service , 1990.

[7] CROFTS Daniel W., Reluctant Confederates: Upper South Unionists in the Secession Crisis, Chapel hill: University of North Carolina Press 1989, p.70.

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