Emory Upton

La guerre civile américaine a produit des génies de l’art de la guerre et si certains sont bien connus comme les généraux Lee, Grant, Jackson ou Sherman, d’autres le sont beaucoup moins mais pourtant leur influence sur la stratégie militaire n’a pas été des moindres. Emory Upton était l’un d’entre eux.

Jeune diplômé de West Point, Upton s’engagea dans l’armée du Potomac avec le grade de second-lieutenant au sein du 4ème régiment d’artillerie. Avec cette armée il fut impliqué dans plusieurs batailles s’étant déroulées sur le front Est en Virginie comme la première bataille de Bull Run où il fut blessé mais refusa de quitter le terrain, la campagne de la péninsule, la bataille des sept jours, Antietam, Fredericksburg, Chancellorsville ou Gettysburg pour ne citer que les engagements principaux.

Lorsque le général Grant pris le commandement de l’Armée du Potomac en 1864 et entama la campagne de l’Overland, Upton avait le grade de colonel et dirigeait une brigade au sein du 5ème corps d’armée. C’est à ce moment, lors de la bataille de Spotsylvania, qu’il devait déployer tout son talent.
Après avoir demandé et obtenu l’accord de ses supérieurs pour lancer une attaque ne respectant par la doctrine militaire en vigueur contre un point faible des positions confédérées, il envoya 12 régiments de sa brigade, spécialement choisis, et après les avoir disposés en 4 lignes, contre les tranchées sudistes situées dans un saillant de la ligne confédérée appelée le fer-à-mulet (Mule Shoe). L’assaut, fut une totale réussite, les troupes d’Upton franchirent au pas de course les 200 mètres de terrain dégagé les séparant des tranchées ennemies. La première ligne chargea sans tirer et une fois au contact des sudistes les poussèrent sur la gauche et la droite afin d’élargir la trouée. La seconde ligne profita du chemin ouvert pour aller réaliser la même chose sur la seconde tranchée. Les deux dernières lignes arrivèrent alors et firent près d’un millier de prisonnier complètement effarés par se qui venait de se produire. Mais les bons résultats s’arrêtèrent là, la division chargée d’appuyer la percée de la brigade de Upton n’avança que timidement et lorsque la contre-attaque sudiste se produisit, Upton et ses hommes, isolés à 800 mètres au delà de leur ligne et sans le moindre soutien, furent contraint de se replier et d’abandonner les tranchées aux troupes confédérées. Sur les quelques 5000 hommes qu’il mena à l’assaut, Upton en perdit environ un quart et fut lui-même blessé se qui l’écarta des combats jusqu’au siège de Petersburg.
Bien que ce succès ne fut que momentané et ne mena à aucun résultat concret, Upton fut cité à l’ordre du jour et reçu de la part de Grant lui même une promotion au grade de brigadier-général. Ce-dernier repris lui-même la méthode de Upton dès le lendemain pour la faire appliquer à un corps d’armée entier appuyé par des attaques de soutien. Se sera le 2ème corps d’armée du général Hancock et les combats qui s’en suivront seront les plus violent de toute la guerre, on s’en souvient aujourd’hui sous le nom de combats de l’Angle Sanglant (the Bloody Angle).

Par la suite, Upton fut encore une fois blessé lors de la troisième bataille de Winchester et une fois encore il refusa de quitter le champ de bataille avant la fin de celle-ci. Revenu à nouveau de l’hôpital il fut placé à la tête d’une division de cavalerie se qui en fit un des rares officiers ayant servit dans les trois différentes armes de l’époque: artillerie, infanterie et cavalerie et dans chacune d’entre elle, il eut d’excellents états de service.

Il termina la guerre avec le rang de major-général et une fois celle-ci terminée il servit comme instructeur dans l’armée et eu même l’honneur de diriger l’académie militaire de West Point. A cette époque, il rédigea plusieurs ouvrages de stratégie militaire dans lesquels il analysa l’organisation militaire de plusieurs armées européennes et fit également des recommandations pour la réforme de l’armée américaine. Il est aujourd’hui encore considéré comme l’un des plus grands penseurs américains de l’art de la guerre.

Après avoir quitté l’armée en mars 1881, Upton se suicida d’une balle dans la tête à l’âge de 41 ans, il ne pouvait plus supporter ses céphalées, possiblement dues à une tumeur au cerveau.

Emory Upton arborant le grade de major-général

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s