La campagne de la Péninsule (première partie)

Sous la pression de Lincoln, McClellan lui présenta enfin un plan pour lancer une offensive sur le front de Virginie le 12 janvier 1862. Celui-ci consistait en une manœuvre de contournement de l’armée sudiste, toujours installée aux alentours de Manassas, en transportant l’Armée du Potomac par bateau depuis la baie de Chesapeake jusqu’à l’embouchure de la Rappahannock, près de la petite ville d’Urbanna, à 130 kilomètres au sud-est de Manassas.[1] De la sorte, McClellan voulait positionner son armée à mi-chemin entre l’armée confédérée et Richmond afin de forcer les sudistes à l’attaquer sur un terrain qu’il aurait lui-même choisi. Ce plan présentait l’avantage de recourir à la domination nordiste en mer pour défendre des voies d’approvisionnements navales alors que des voies terrestres se seraient constamment trouvées sous la menace de raids de la cavalerie sudiste. Cependant, « l’Urbanna Plan », comme on le nomma plus tard, ne plaisait guère à Lincoln qui favorisait une attaque directe par la terre contre l’armée sudiste là où elle se trouvait. Le président craignait de plus que les confédérés ne descendent pas vers le Sud pour défendre Richmond mais qu’ils saisissent plutôt l’occasion pour attaquer Washington dont la défense était supposée être assurée par l’Armée du Potomac.[2]

Ce plan devait initialement être mis en œuvre au printemps, mais le 9 mars, avant que la décision ne fut prise, Johnson déplaça ses troupes plus au sud, à Culpeper, une petite ville située sur le tracé de la voie ferrée menant de Manassas à Richmond et distante d’environ 80 kilomètres de la capitale confédérée.[3] Cette position avait l’avantage d’être plus facilement défendable mais surtout l’armée confédérée se situait maintenant sur la rive sud de la Rappahannock, plus près de Richmond et parfaitement en mesure de rejoindre la ville pour la défendre avant que les troupes débarquées à Urbanna ne l’atteignent.[4]

McClellan, n’abandonna pas son plan de manœuvre amphibie pour autant, il proposa tout simplement d’en changer le lieu de débarquement. Une nouvelle destination fut établie à fort Monroe, situé dans la péninsule formée par les fleuves James et York et toujours occupée par des troupes fédérales. Depuis cette position, l’armée nordiste aurait 110 kilomètres à parcourir pour atteindre Richmond.[5] Lincoln marqua à contrecœur son accord à ce nouveau plan mais entendait tout de même signifier son autorité à McClellan. Premièrement, il lui imposa de laisser des forces pour la défense de Washington mais il alla plus loin. Le 11 mars, il lui retira le commandement en chef de l’armée fédérale afin qu’il ne se concentre plus que sur celui de l’Armée du Potomac. Finalement, le 17 mars, les premières unités de celle-ci quittèrent Alexandria pour rejoindre le fort Monroe.[6]

Si en Virginie, l’Union piétinait, ce n’était pas du tout le cas sur le front du Mississippi. La prise, en février, des forts Henry et Donelson dans le nord-ouest du Tennessee conduisit à la sécurisation du Kentucky et à l’évacuation des forces sudistes présentes à Nashville – abandonnant de la sorte la majeure partie du Tennessee Occidental aux troupes fédérales – et Columbus.[7] Avant que McClellan n’entame sa campagne dans la péninsule de Virginie, la Confédération tenta de reprendre l’initiative dans la région du Mississippi en envoyant une force commandée par le général Earl Van Dorn envahir le Missouri via l’Arkansas. Mais une fois cette tentative arrêtée à la bataille de Pea Ridge, Van Dorn et ses hommes retraversèrent le Mississippi pour revenir sur sa rive orientale.[8] Un autre essai sudiste eut lieu peu après pour reprendre la main, lorsque l’armée du général Beauregard, récemment muté sur ce front, attaqua les troupes du général Grant, positionnées dans le sud-ouest du Tennessee, lors de la bataille de Shiloh. Là, comme à Pea Ridge, les confédérés furent arrêtés et contraints de se retirer sur la ville de Corinth qui fut par après laissée aux nordistes, cédant encore un peu plus de terrain à l’Union dans la vallée du Mississippi.[9] Car dans le même temps, la flotte fluviale nordiste avait fait sauter un verrou clé du système de défense de la Confédération sur le fleuve, l’île n°10, près de New Madrid. Cela fut suivi par l’évacuation du fort Pillow et de Memphis.[10] A l’autre bout du fleuve, la flotte nordiste porta un autre coup important à la Confédération en prenant la Nouvelle-Orléans et en obtenant la reddition des positions sudistes jusqu’à Vicksburg mais une fois repoussée devant cette ville, la flotte nordiste se replia plus au sud et les sudistes fortifièrent une nouvelle position à fort Hudson, gardant de la sorte le contrôle de quelques 300 km du fleuve.[11] Dans la première moitié de l’année, l’Union avait donc réussi à porter un coup dur à la Confédération en prenant le contrôle d’une grande partie de la vallée du Mississippi au cours de ce que le New York Tribune appela « A deluge of Victory [in the West] ».[12]
Car dans le même temps, au Nouveau-Mexique, l’Union arrêta une offensive sudiste visant à porter la guerre dans l’Ouest et plus particulièrement à s’emparer des mines d’or du Colorado ainsi qu’à atteindre la côte pacifique. L’offensive fut stoppée à la bataille de Glorieta Pass à la fin du mois de mars – et ce malgré une victoire tactique des troupes confédérées – et les sudistes furent contraint de se retirer au Texas, ne pouvant de la sorte pas influencer les autres fronts en réalisant une percée dans cette région dont l’importance stratégique n’était pas reflétée par les effectifs engagés.[13]
Enfin, au cours de la première moitié de l’année 1862, la marine nordiste mena des opérations – dont certaines amphibies – le long des côtes des Etats de Caroline et de Géorgie afin d’installer – ou de renforcer selon la région – le blocus des côtes confédérées.[14]

Au moment ou l’Armée du Potomac commença sa campagne, McClellan disposait sous ses ordres de 120 000 hommes qu’il fallut trois semaines pour acheminer à fort Monroe.[15] A cela il convient d’ajouter les 12 000 soldats de la garnison du fort sous le commandement du général John Wool, qui remplaça Butler après que celui-ci prit la tête de l’expédition contre la Nouvelle-Orléans. Initialement, l’Armée du Potomac comptait approximativement 150 000 hommes répartis en douze divisions mais Lincoln, toujours dans son optique d’affirmer son autorité sur McClellan, décida d’imposer par décret qu’elles soient regroupées en quatre corps dont l’un d’entre eux, commandé par le général McDowell, devrait rester dans le nord de la Virginie pour défendre Washington si besoin.[16] Lincoln promit à McClellan que si la menace de voir la capitale fédérale attaquée disparaissait, les troupes de McDowell rejoindraient le gros des forces par voie terrestre. Mais une première action de l’armée confédérée de Jackson dans la vallée de la Shenandoah, à Kernstown le 23 mars, empêcha ce transfert.[17]
McClellan n’étant plus le commandant en chef de l’armée du l’Union, la direction stratégique n’était plus dans ses mains mais dans celles de Lincoln et de ses conseillers mais c’était bien à lui que revenait la direction tactique.
De leur côté, pour faire face aux forces nordistes, les sudistes disposaient d’environ 70 000 hommes divisés en quatre forces. La principale, l’Armée Confédérée du Potomac, rebaptisée Armée de Virginie du Nord, était sous les ordres directs du général Johnston avec quelques 43 000 hommes et était positionnée à Culpeper. La seconde, la petite troupe de 6000 hommes du général Holmes gardait la ville de Fredericksburg sur la Rappahannock. Enfin, les deux dernières se trouvaient dans la péninsule, celle de 11 000 soldats de Magruder gardant la ligne de défense de Yorktown – baptisée la « Warwick line » du nom de la petite rivière sur laquelle elle s’appuyait – et la garnison de Norfolk, forte de 9000 hommes sous le commandement du général Huger.[18]
Johnston était à la tête de l’ensemble de ces troupes pour ce qui concernait la direction tactique car elles relevaient toutes de son département militaire. La direction stratégique était-elle assurée par Jefferson Davis et son conseiller le plus proche, le général Lee, fraîchement rappelé de son « exil » en Géorgie suite à sa mauvaise prestation en Virginie-Occidentale.[19] Mais l’entente délétère opposant Johnston à Davis pour des raisons d’ego dont les deux hommes étaient grandement pourvus eut pour conséquence que les commandements du Président confédéré ne furent jamais vraiment suivis par Johnston comme l’avait déjà montré l’épisode de l’évacuation de Manassas.[20]

Le plan d’action de McClellan dénotait une considération essentiellement logistique et prudente mais sur le plan stratégique il présentait des lacunes. En choisissant de faire débarquer son armée à fort Monroe, McClellan usait à son avantage d’une tête de pont sécurisée et pouvant être approvisionnée par la mer où la supériorité de la marine nordiste permettait d’assurer des liaisons sûres entre les ports du Nord et l’Armée du Potomac. Mais là où son plan présentait une faille stratégique, c’était dans la géographie de la zone où il souhaitait opérer. La péninsule de Virginie est délimitée à l’est et à l’ouest par deux fleuves assez proches l’un de l’autre, si bien que dans sa largeur maximale, elle ne s’étend que sur environ 20 kilomètres. La conséquence de cela est qu’une force bien organisée sur une ligne de défense couvrant toute la largeur de la péninsule pourrait barrer l’accès à l’armée fédérale en usant des deux fleuves pour sécuriser ses flancs et ce même si elle était en infériorité numérique. Pour contourner ce problème, McClellan avait envisagé de recourir à la flotte nordiste pour user des deux fleuves à son avantage et ainsi pouvoir déborder la ligne de défense confédérée. Son objectif global étant de remonter la péninsule suffisamment vite pour atteindre Richmond avant que le gros des forces confédérées de Johnston n’y parviennent elles-mêmes.
De leur côté, les sudistes ne disposaient pas de l’initiative stratégique. Depuis le début de la guerre, la Confédération était – sur le front de Virginie du moins – installée dans une posture défensive. Le plan d’action sudiste durant la première phase de la campagne de la péninsule consistait donc en deux points. Le premier aspect était de bloquer – ou à tout le moins de ralentir – l’avance nordiste afin de protéger Richmond et le second était d’empêcher le transfert de nouvelles forces vers l’armée de McClellan en lançant une campagne offensive dans la vallée de la Shenandoah qui bloquerait les autres troupes fédérales dans le Nord de la Virginie par la menace que cela ferait planer sur Washington.[21]

Avant même que McClellan n’entame le déplacement de son armée vers la péninsule, un premier coup dur avait déjà été porté à sa stratégie. Les 8 et 9 mars, un affrontement célèbre dans l’histoire navale militaire se déroula à l’embouchure du fleuve James, la bataille de Hampton Roads.[22] Nous analyserons plus en détail cet évènement au cours du chapitre consacré à l’étude du blocus de la Confédération mais pour l’instant retenons que lors de cet engagement, la petite flotte confédérée tint tête à l’escadre nordiste interdisant de la sorte à celle-ci toute remontée du James.[23] En plus de cela, les batteries sudistes installées à Norfolk, sur la rive sud du fleuve, contribuaient également à barrer la route. Cela empêchait donc l’armée fédérale de remonter le James pour prendre de flanc la ligne de défense confédérée dans la péninsule et potentiellement remonter jusqu’à Richmond. Sur l’autre flanc, la situation était la même. Le fleuve York était lui aussi interdit à la navigation pour le Nord à partir de Yorktown et Gloucester Point où les sudistes avaient aussi installé des batteries côtières. McClellan était donc privé de toute possibilité de déborder les sudistes dans la péninsule et pour atteindre Richmond avant Johnston et son Armée de Virginie du Nord, il était contraint d’attaquer de front la ligne de défense de Magruder au plus vite.

Mais fidèle à son habitude, McClellan n’en fit rien. Pour barrer la péninsule dans toute sa largeur, Magruder avait établit une ligne défensive derrière la rivière Warwick depuis Yorktown jusqu’au confluent avec le James. Pour en accroître la largeur, il avait fait construire 5 barrages.[24] Cependant, les forces à sa disposition n’étaient pas assez conséquentes pour tenir toute la largeur de la ligne. Mais malgré cela, la pusillanimité de McClellan, qui n’attendit que la première semaine d’avril pour avancer vers cette ligne – alors que les premiers éléments de l’Armée du Potomac avaient débarqué le 17 mars, soit deux semaines plus tôt – permit aux confédérés de gagner du temps. Précisons toutefois que Magruder manœuvra habilement en faisant déplacer fréquemment ses troupes d’un bout à l’autre de la ligne, donnant de la sorte l’illusion d’un contingent plus important qu’en réalité.[25] Le 5 avril, McClellan approcha la Warwick Line avec environ 50 000 hommes mais après quelques légères escarmouches et croyant avoir à faire à une force importante et bien retranchée – alors que le système de fortification était relativement précaire –, McClellan se convaincu très vite qu’une attaque directe lui serait très coûteuse en hommes et décida d’installer un siège devant Yorktown.[26] Le retard prit de la sorte dans l’exécution du plan nordiste permit à l’armée de Johnston non seulement d’atteindre Richmond mais également de venir se positionner derrière la Warwick Line. Cela fut facilité par la présence de Jackson dans la vallée de la Shenandoah qui tenait en respect les forces fédérales toujours présentes dans le nord de la Virginie.[27] Johnston, qui prit alors le commandement direct de toutes les forces sudistes présentes dans la péninsule, soit 57 000 hommes, constata très vite que le système de défense la Warwick Line était faible et vulnérable à l’artillerie lourde de l’Union. Conscient que son armée ne pourrait tenir le choc, il demanda l’autorisation à Davis de se replier sur les défenses préparées près de Richmond et dont la qualité était bien supérieure. Mais sur le conseil du général Lee, Davis s’y opposa.[28] Mais encore une fois, Johnston fit fi des ordres de Davis et se replia dans la nuit du 3 au 4 mai, soit juste avant que McClellan ne déclenche son attaque qui avait été planifiée pour le 5.[29] La manœuvre de Johnston fut parfaitement exécutée, usant d’un bombardement de couverture pour faire croire à l’imminence d’une attaque, ce à quoi McClellan se montra enclin à croire assez aisément en raison de son habituel tempérament excessivement prudent.[30]

Sa réaction devant les tranchées vide de la Warwick Line fut toutefois pour le moins surprenante. Il lança son armée à la poursuite de Johnston avec suffisamment de vitesse pour contraindre celui-ci à organiser une action de retardement.[31] Cette tâche fut confiée au général James Longstreet qui, le 5 mai, attendit les premiers éléments de l’Armée du Potomac au fort Magruder près de la ville de Williamsburg. La bataille qui s’y déroula eut une issue indécise, les attaques sudistes ayant été repoussées et les pertes étant lourdes dans les deux camps. Mais sur le plan stratégique l’avantage était à la Confédération qui par cette action pu gagner le temps nécessaire pour permettre le repli en bon ordre de l’Armée de Virginie du Nord jusqu’aux défenses de Richmond.[32]
Le lendemain de la bataille de Williamsburg, une division fédérale commandée par le général William Buel Franklin, partie de Yorktown, après la prise de la ville suite à l’abandon de la Warwick Line par Johnston, et ayant profité de l’évacuation des batteries sudistes installées dans cette ville et à Gloucester Point, remonta le fleuve et accosta à Eltham’s Landing où se trouvait un petit embarcadère. L’intérêt de cette manœuvre était de tenter de bloquer la retraite de Johnston suffisamment longtemps pour permettre au gros des forces fédérales de le rattraper. Mais la manœuvre avait été anticipée par Johnson qui y avait dépêché une troupe de 11 000 hommes sous les ordres du général Gustavus Woodson Smith. Le 6 mai, l’engagement qui y eut lieu vit une petite victoire tactique des fédéraux – Smith ayant choisi de se retirer après un bref duel d’artillerie – mais ceux-ci ne tentèrent pas de pousser leur avantage en poursuivant les confédérés. En ce point aussi, l’avancée fédérale fut donc interrompue permettant la retraite de l’Armée de Virginie du Nord.[33]

Le jour même de la bataille d’Eltham’s Landing, Lincoln débarqua à fort Monroe. Il ne rencontra pas McClellan qui argua du fait que les opérations sur le front nécessitaient toute son attention. Malgré cela, le Président ne se contenta pas d’une simple visite, il ordonna à la garnison du fort ainsi qu’à l’escadre bloquant Hampton Roads de prendre d’assaut la base confédérée de Norfolk que le retrait de Johnson avait laissé exposé à l’armée fédérale – car sans possibilité de renforts – mais dont les batteries interdisaient toujours l’accès au James. Le 8 mai, les navires nordistes bombardèrent les canons de Norfolk afin de permettre un débarquement de la garnison sous les ordres du général Wool. Comprenant sa situation, le général Huger évacua la place qui fut prise par les fédéraux le 9 mai.[34] Cette action ne faisait pas partie de la stratégie de McClellan qui se concentrait uniquement sur sa progression vers Richmond. Elle avait été décidée par Lincoln seul, mais rendait de la sorte à l’Union la possibilité d’user du fleuve James pour menacer l’armée ennemie et même Richmond. Car en effet, la chute de Norfolk – et avec elle la fuite de la flotte confédérée – ouvrait le fleuve à la flotte nordiste.

Cette opportunité sera très vite saisie. Le 13 mai, le capitaine de frégate John Rodgers prit ainsi la tête d’une escadre de 5 navires et entama la remontée du fleuve. Le 15, il atteignit une position en hauteur, Drewry’s Bluff, que les confédérés avaient fortifiée en toute hâte après la prise de Norfolk, en y installant le fort Darling. Les canons de celui-ci ouvrirent le feu sur l’escadre qui après quatre heures d’échange de tirs fut contrainte de faire demi-tour.[35]

Mais si Richmond était sauvée d’une attaque par le fleuve, elle ne l’était pas encore par la terre, si bien que le vent de panique qui soufflait sur la capitale confédérée n’était pas retombé.[36] Cependant, après Williamsburg et Eltham’s Landing, McClellan avait ralenti la vitesse de son avance vers Richmond, la prudence le reprit après avoir été échaudé lors de ces deux engagements.[37] L’Armée du Potomac atteignit les abords de Richmond fin mai et usa du petit port de West Point, en amont de la York, comme base d’approvisionnement. Mais McClellan n’attaqua pas, il étendit la droite de sa ligne vers les axes de communication reliant Richmond au nord de la Virginie afin d’ouvrir la voie à d’éventuels renforts venant par voie terrestre, de couper les accès à la ville et de protéger sa base d’approvisionnement. Pour tenter de le contrer, Johnston envoya une petite force dans la même zone, ce qui déboucha sur la bataille de Hanover Court House, le 27 mai, qui fut tout de même remportée par le Nord.[38] Après cet engagement, la situation se figea, McClellan se préparait à assiéger Richmond comme il l’avait fait à Yorktown, sans attaquer. Pour ce faire, il plaça l’essentiel de son armée sur son flanc droit, sur la rive Nord de la Chickahominy

Figure 30: L’évolution de la première partie de la campagne de la Péninsule

Peninsula_Campaign_March_17_-_May_31,_1862

Source: JESPERSEN Hal, Peninsula Campaign, Cartography Services by Hal Jespersen, 17 décembre 2011. – Carte retravaillée.

La première partie de la campagne fut donc marquée par une progression de l’armée fédérale vers la capitale sudiste mais sans qu’une réelle volonté de le faire ait été marquée par son commandant en chef. La situation fut plutôt la résultante d’un appel d’air provoqué par la décision de Johnston de privilégier un retrait sur les défenses de Richmond qu’il jugeait plus solides que celles de la Warwick Line.
Au plan géostratégique, le déclenchement de l’offensive nordiste fut concomitant avec d’importants succès fédéraux sur les autres fronts – progression dans la vallée du Mississippi, prise du Kentucky et du Tennessee Occidental, arrêt de l’offensive au Nouveau-Mexique et progression du blocus des côtes. Toutefois ces éléments n’entrèrent pas réellement en considération lorsque la décision de lancer la campagne fut prise par McClellan et Lincoln qui continuaient d’accorder une importance supérieure à la situation en Virginie.
La situation de la Confédération était telle que nombre d’observateurs croyaient être en train d’assister à sa fin, ce qui explique l’atmosphère de panique qui agitait Richmond. Toutefois, tout n’était pas que mauvaises nouvelles pour le Sud. Non seulement, l’Armée du Potomac ne montrait aucun signe d’une attaque imminente contre la capitale, si bien que celle-ci restait protégée, mais en plus le général Jackson allait de succès en succès dans la vallée de la Shenandoah.


[1] John KEEGAN, op.cit., page 159.

[2] James McPHERSON, op.cit., page 461.

[3] Ce déplacement fut réalisé dans la précipitation et sans l’accord de Jefferson Davis, ce qui aggrava encore un peu plus l’animosité entre les deux hommes.

[4] Lorsque les troupes fédérales arrivèrent à Manassas après le départ des sudistes, elles découvrirent de nouveaux « canons factices », comme celui de Munson’s Hill. Cela n’améliora en rien la situation de McClellan, pressé de toute part à enfin se porter à l’attaque. ; James McPHERSON, op.cit., page 462.

[5] Idem, page 462.

[6] Idem, page 463.

[7] McPHERSON James M., The Atlas of the Civil War, Philadelphie: Running Press, 2005, p. 46.

[8] Idem, page 48.

[9] Idem, page 52.

[10] Idem, page 54.

[11] Idem, pages 56 – 57.

[12] McPHERSON James M., La Guerre de Sécession, Paris: Robert Laffont, 1991, p. 460.

[13] McPHERSON James M., The Atlas of the Civil War, Philadelphie: Running Press, 2005, p. 58.

[14] Idem, page 60.

[15] Cette manœuvre fut une véritable prouesse organisationnelle pour une armée qui n’avait de plus pas de tradition amphibie. Plus de 400 navires et chalands furent utilisés pour transporter l’imposante armée nordistes, ses 300 canons, ses 25 000 animaux et tout les équipements.

[16] McPHERSON James M., La Guerre de Sécession, Paris: Robert Laffont, 1991, p. 463.

[17] Nous nous étendrons plus en détail sur les évènements se déroulant au même moment dans cette vallée au cours du point suivant. ; James McPHERSON, op.cit., page 464.

[18] Ibid.

[19] Idem, page 465.

[20] Idem, pages 465-466 ; Pour plus de détail sur la relation entre ces deux personnages clés de la Confédération, se référer au livre de James McPherson La Guerre de Sécession aux pages 397-398.

[21] Nous expliquerons cette campagne au cours du point suivant.

[22] Cette bataille navale fut marquée par le premier duel entre deux cuirassés de l’histoire, le CSS Virginia et l’USS Monitor. Une page importante de l’histoire de la stratégie navale fut tournée en ce jour.

[23] James McPHERSON, op.cit., pages 408-409.

[24] Idem, page 464.

[25] Idem, page 465.

[26] Ibid.

[27] Ibid.

[28] Ibid.

[29] FLOYD Dale E., LOWE David W., Yorktown, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[30] James McPHERSON, op.cit., page 466.

[31] Les pluies incessantes ayant frappé la région au cours du mois d’avril rendirent les routes difficilement praticables pour les confédérés qui en furent ralentis.

[32] James McPHERSON, op.cit., page 466. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Williamsburg, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[33] FLOYD Dale E., LOWE David W., Eltham’s Landing, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[34] SEARS Stephen W., To the Gates of Richmond: The Peninsula Campaign, New York: Ticknor and Fields, 1992, pp. 89 – 92. ; James McPHERSON, op.cit., page 466.

[35] Ibid. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Drewry’s Bluff, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[36] D’autant plus que les nouvelles en provenance de l’Ouest n’étaient guère plus roses. A ce moment précis, beaucoup voyait dans la tournure des évènements la fin de la Confédération. Pour tenter de pallier à la situation, le gouvernement sudiste imposa la conscription ainsi que la loi martiale.

[37] Précisons tout de même que les pluies qui balayaient toujours autant la péninsule ne l’y aidèrent pas.

[38] FLOYD Dale E., LOWE David W., Hanover Court House, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

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