La poule du général Lee

Atypique à plus d’un égard, le général Lee l’était également pour sa passion pour les animaux. beaucoup savent qu’il chevaucha le même cheval durant une grande partie de la guerre mais peu savent qu’il fut également accompagné d’une poule pendant près de deux ans.

Lee se porta acquéreur de son fidèle cheval, nommé Traveller, à la fin de l’année 1861, alors qu’il était stationné en Caroline du Nord. Celui l’accompagna jusqu’à la fin de la guerre et survivra même à son maître. C’est d’ailleurs en le chevauchant que le commandant sudiste se rendit à Appomattox Court House pour signer la reddition de l’Armée de Virginie du Nord aux mains du général Ulysses Simpson Grant.[1]

Mais c’est une toute autre histoire, cocasse, à propos de la relation du général avec ses animaux de compagnie qui nous est racontée par son esclave William Mack Lee dans ses mémoires.[2]
Quelque part au début de l’année 1862, une cargaison de poule aurait été amenée auprès du camp de Lee mais l’une d’entre elle, parvenant à s’échapper, serait aller se réfugier dans une tente qui s’avéra être celle du général en personne. Celui-ci décida de l’épargner. Ainsi la légende veut que tous les matins, cette poule, une black hen qu’il baptisa Nellie, paya la protection de son maître d’un œuf tout frais.

Partout où Lee se rendait, le fidèle gallinacé le suivait dans les bagages. Au point même que la légende raconte que durant l’été 1863, alors que l’Armée de Virginie du Nord, retraitait vers la Virginie après sa défaite à la bataille de Gettysburg, Lee fit stopper la colonne afin de retrouver la poule portée manquante, lançant ses troupes à la recherche de Nellie. Ceux-ci, connaissant la valeur de l’animal aux yeux de leur général qu’ils adulaient s’empressèrent de se mettre à la recherche. La bête fut finalement retrouvée dans une ambulance. Cette anecdote démontre l’importance de cette poule pour Lee qui n’hésita pas à interrompre la progression de son armée vers le Potomac qu’elle devait pourtant franchir au plus vite pour éviter d’être coincée par l’Armée du Potomac en territoire hostile.

Pendant 2 ans, Nellie aurait accompagner Lee partout où il allait. Mais 1864, à la veille de la bataille de la Wilderness, la pauvre bête aurait été sacrifiée par William Mack Lee qui, faisant face à la disette que connaissait l’armée sudiste, fut contraint de cuisiner la poule pour la servir au général qui une fois confronté à la dure réalité n’apprécia pas du tout la nouvelle et fut très attristé de perdre sa poule.

Sans titre

Robert Edward Lee montant son plus célèbre cheval, Traveller

Sans titreUne possible descendante de la poule du général Lee, Nellie


[1] A sa mort, Traveller sera enterré à proximité de la tombe de son maitre.

[2] LEE William Mack, « History of the Life of Rev. Wm. Mack Lee, Body Servant of General Robert E. Lee Through the Civil War–Cook From 1861-1865 ».

3 réflexions au sujet de « La poule du général Lee »

  1. Bonjour. Il faut être très très prudent sur ce récit, l’anecdote est belle mais la source, par ailleurs fantaisiste est très vraisemblablement un faux ou au mieux un « embellissement » de la réalité (voir notamment EB Pryor « reading the man »). « L’ouvrage » de Mack a été publié de façon assumée par le « révérend » comme un moyen de financer son église, en « surfant » sur la mémoire de REL. Il se voit notamment avec lui à Manassas en 1861 ou servant la soupe à Stonewall Jackson en juillet 1863. Les « serviteurs » (esclaves) accompagnant Lee dans ses campagnes (tous affranchis fin 1862) sont d’ailleurs assez souvent mentionnés par les souvenirs de ses proches : les frères Parks, Billy Taylor, « Meredith » (Michael Meredith d’Arlington je pense) mais pas de trace de Mack, pas plus qu’on en trouve sur les inventaires des « biens » de la famille d’Arlington ou des plantations de la Pamunkey. En revanche, et c’est là qu’on peut s’interroger sur la part du mythomane reprenant des anecdotes connues ou entendues et celle du vrai témoin, la sensibilité particulière de Lee pour les animaux (partagée avec sa plus jeune fille) est tout à fait réelle, l’anecdote de « Nellie » est assez précise et finalement « plausible ».

    • Merci pour ce commentaire. Il est vrai que j’ai fait part de cette anecdote sans fournir ces détails critiques importants.

      Mon but ici se limitait à raconter l’anecdote telle qu’elle nous est rapportée. Toutefois j’ai cherché à la maintenir pour ce qu’elle est sans plus de preuves, une belle histoire, en employant le conditionnel au maximum.

      • Oui, bien sûr, ce n’est pas un reproche, juste une mise en garde au lecteur concernant ce genre d’anecdotes alimentant le mythe de Lee après guerre. Cet opuscule de 1918 est très déroutant en ce qu’il associe beaucoup de « n’importe quoi » et des éléments d’anecdote par ailleurs très précis et circonstanciés.

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