La seconde campagne de Virginie du Nord

Après l’échec de sa tentative de porter la guerre au Nord lors de la campagne de Pennsylvanie, Lee avait été contraint de se retirer vers la Virginie dans la précipitation, abandonnant même une grande partie de la vallée de la Shenandoah aux forces fédérales qui la remontèrent jusqu’à Front Royal. Au final, c’était aux abords de Orange, sur la rive sud de la Rapidan, que les forces confédérées s’étaient retranchées.
De l’autre côté, Meade avait vu l’Armée du Potomac être tout aussi désorganisée par la victoire de Gettysburg que l’Armée de Virginie du Nord l’avait été par la défaite si bien qu’il n’osa pas pousser la poursuite plus en avant et se résolu à se placer sur une position défensive entre Washington et les forces sudistes, aux alentours de Warrenton, dans le but, comme pour les sudistes, de panser ses plaies et de préparer la prochaine campagne à venir.[1]

Les récentes déconvenues rencontrées par la Confédération sur les différents théâtres d’opérations allaient finalement conduire à une réflexion stratégique des autorités politiques et militaires sudistes. Faisant face à cette situation, Davis appela à une conférence stratégique lors de laquelle fut discutée la voie que la Confédération devait suivre pour la suite de la conduite de la guerre. Dans un premier temps, Davis pencha pour la proposition de Lee de reprendre l’offensive sur le front de Virginie contre l’Armée du Potomac. Mais finalement, conscient que cela n’avait pas fonctionné lors de la campagne précédente, il se rallia plutôt à la proposition de Longstreet qui revint avec sa volonté d’utiliser les lignes intérieures de la Confédération pour déplacer des troupes de l’Armée de Virginie du Nord vers l’Ouest afin de vaincre Rosecrans dans le Tennessee avant de chercher à en faire de même contre les troupes de Grant. Pendant ce temps, les troupes restées en Virginie se verraient octroyer la tâche de tenir une ligne défensive solide pour empêcher tout progrès des forces fédérales dans ce secteur. La décision de déplacer deux des divisions de Longstreet, sous le commandement de celui-ci, fut finalement entérinée le 6 septembre.[2]

Au cours de la campagne à venir, d’autres évènements se produiront. Sur le théâtre trans-mississippien, début octobre, William Quantrill et ses guérilleros pro-sudistes menèrent un raid sanglant à Baxter Springs au Kansas, acte faisant partie de la guerre civile interne du Missouri qui débordait sur les états voisins. Plus au sud, en Arkansas, l’Union mena, durant les mois de septembre et octobre, deux actions permettant d’en assurer la main mise sur la région avec la prise de Little Rock et la défense réussie de Pine Bluff.
A la mi-octobre, les forces fédérales menèrent un raid victorieux en Floride dans le cadre du blocus. Leur objectif fut Fort Brooke et les navires fluviaux confédérés présents sur le cours de la Hillsborough River.
Les actions se déroulant sur le théâtre du Mississippi durant cette période montraient deux tendances en cours dans ce vaste secteur. D’une part plusieurs actions fédérales furent menées dans les Appalaches, en Virginie Occidentale et dans le Tennessee, afin d’y réduire la présence sudiste et de prendre le contrôle des points de passages permettant de relier les théâtres de l’Est et de l’Ouest. D’autres part, une séries d’actions de retardement et de renforcement furent conduite par les deux belligérants dans la région de Chattanooga où les forces confédérées de Bragg, après avoir remporté la campagne de Chickamauga, assiégeaient celles de l’Union dans le but pour le Sud d’ouvrir la porte du Tennessee et pour l’Union celle de la Géorgie.
Premièrement, dans les Appalaches, deux campagnes furent menées à l’initiative des fédéraux, l’une fin septembre-début octobre dans l’est du Tennessee où Burnside chercha à y réduire l’influence sudiste et l’autre début novembre en Virginie Occidentale où les forces fédérales s’en prirent à la ligne de chemin de fer de la Virginia and Tennessee Railroad.
Deuxièmement, aux abords de Chattanooga, une première action eut lieu fin octobre lorsque Grant força la réouverture de la Tennessee River pour faire entrer des troupes dans la ville assiégée. Début novembre, des cavaliers sudistes menèrent une action de retardement contre les forces de Sherman se dirigeant, elles aussi, vers Chattanooga. Enfin, fin novembre, Grant se lança à l’attaque contre les forces de Bragg pour briser le siège de la ville et poursuivre les confédérés ainsi poussés à la retraite. Dans le même temps, Longstreet avait entamé une campagne menant à un siège parallèle à Knoxville depuis la mi-octobre mais il dut finalement abandonner celui-ci une fois Bragg mis en déroute par Grant afin de regrouper les forces confédérées de l’Armée du Tennessee.

Pour le Sud, l’objectif dans les mois à venir était double en attendant que le déploiement de renforts vers l’Ouest y produise des résultats favorables pour la Confédération afin d’améliorer sa situation stratégique. D’une part, Lee et ses hommes devaient empêcher l’Union de progresser sur le théâtre de Virginie et d’autres part ils devaient être prêts à exploiter toute opportunité de remporter des points sur ce même théâtre. A la suite de la campagne de Pennsylvanie, l’Armée de Virginie du Nord avait vu ses rangs fortement dégarnis, si bien qu’elle ne comptait plus qu’approximativement 55 000 hommes répartis en trois corps.[3] Ceux-ci, restaient les mêmes que lors de la campagne précédente et sous les mêmes commandements. Le 1er corps, sous Longstreet, avec trois divisions, allait cependant être déployé sur d’autres théâtres. La division de Pickett fut envoyée dans le sud de la Virginie d’une part pour y prendre le commandement du département de Virginie du Sud et de Caroline du Nord et d’autre part pour s’y reposer et se remettre des dommages subis au troisième jour de la bataille de Gettysburg.  Les divisions de Hood et MacLaws ainsi que le bataillon d’artillerie d’Alexander allaient sous peu être envoyés dans le Tennessee avec Longstreet à leur tête. Le 2ème sous Ewell comptait également trois divisions de quatre, quatre et cinq brigades en plus de cinq bataillons d’artillerie. Le 3ème corps, sous Hill, se composait lui aussi de trois divisions de cinq, cinq et quatre brigades avec également cinq bataillons d’artillerie. La cavalerie de Stuart comptait deux divisions, la 1ere de Hampton se trouvait sous le commandement direct de Stuart et la seconde sous celui de Fitzhugh Lee. Chacune comptait trois brigades. Stuart disposait également d’un bataillon d’artillerie à cheval sous les ordres de Robert Beckham. Enfin, Lee pouvait également compter sur le 1er corps d’artillerie fort de deux bataillons d’artillerie de réserve et placé sous le commandement de William Nelson Pendleton. L’Armée de Virginie du Nord faisait cependant face à d’importants problèmes d’approvisionnement et de désertion. Lee tenta de résoudre ces problèmes mais sans rencontrer de grands résultats jusqu’alors.[4]

De l’autre côté, pour l’Union, l’objectif était sensiblement opposé. Après sa victoire à Gettysburg mais surtout en raison de son incapacité à presser l’Armée de Virginie du Nord lors de sa retraite dans le but d’essayer de la détruire, Meade, toujours sous pression de Washington, avait pour mission de chercher à finir le travail en détruisant l’armée confédérée ou au moins à essayer de faire progresser la cause de l’Union dans ce secteur.
Comme sa contrepartie sudiste, l’Armée du Potomac avait perdu beaucoup d’hommes lors de la campagne précédente mais avec un total de près de 95 000 hommes, elle restait toujours plus imposante que celle-ci. Meade n’avait pas modifié la structure de son armée, toujours divisée en sept corps d’infanterie. Néanmoins la taille importante de l’Armée du Potomac – approximativement autant d’hommes qu’au lancement de la campagne de Pennsylvanie – s’explique par l’arrivée de jeunes recrues pour remplacer les pertes subies dans les mois précédents ainsi que les désertions car comme Lee, Meade faisait face à ce même problème et ne fut pas plus en mesure de le résoudre que son adversaire. Dans les deux camps le moral des troupes était plutôt bas.[5]  Le 1er corps était sous John Newton qui en prit le commandement après Gettysburg, le 2ème sous Warren, le 3ème sous French, le 5ème sous Sykes, le 6ème sous Sedgwick, le 11ème sous Howard et le 12ème sous Slocum, tous fort de trois divisions comptant entre deux et quatre brigades d’infanterie ainsi que deux à trois brigades d’artillerie. La cavalerie restait sous le commandement de Pleasonton avec trois divisions de deux brigades sous les ordres de Buford, Gregg et Kilpatrick, deux brigades d’artillerie à cheval et une brigade de réserve. Enfin, l’artillerie de réserve, forte de quatre brigades était sous les ordres du général Robert Ogden Tyler.

Le 9 septembre, conformément à la décision du conseil de guerre tenu à Richmond quelques jours plus tôt, Longstreet se mit en route pour le Tennessee, avec les divisons de Hood et MacLaws, dans un voyage épique de trois semaines au cours desquelles il fit parcourir à ses hommes près de 1400 km par routes et chemins de fer. En effet, les troupes fédérales de Burnside occupant l’est du Tennessee, Longstreet eut à passer par le sud des Appalaches, c’est-à-dire en traversant une partie des deux Carolines et de la Géorgie. Pour la première fois de la guerre, la Confédération déploya une grande quantité d’hommes d’un théâtre d’opération à un autre dans le but d’obtenir un avantage numérique local sur l’un d’entre eux. Les premiers éléments arriveront le 17 septembre et prendront part à la bataille de Chickamauga.[6] Ce faisant, l’armée confédérée passa d’environ 55 000 hommes à plus ou moins 45 000 hommes soit un peu plus de la moitié de ce que Meade avait sous son commandement de l’autre coté de la Rapidan.[7]

Meade était sous pression. Depuis Washington, Lincoln et Halleck le poussaient à engager l’armée confédérée, ce qu’il se résolut à faire le 12 septembre en mettant ses forces en mouvement. Il ordonna à la cavalerie de Pleasonton, qui se trouvait près de Warrenton, de s’avancer vers Culpeper Court House où se trouvait Stuart et la cavalerie confédérée dans le but d’en chasser les cavaliers sudistes et d’ouvrir la voie à l’armée fédérale. Cela résultat en une grosse escarmouche de cavalerie au terme de laquelle les cavaliers sudistes se replièrent derrière la Rapidan. Dans la foulée de Pleasonton, ce furent les fantassins du 2ème corps de Warren qui s’installèrent dans la ville bien qu’ils ne furent pas partie prenante aux combats. Le lendemain, de petites missions de reconnaissances fédérales rapportèrent que les positions confédérées par delà la rivière semblaient trop solides pour être prise d’assaut. Meade fut ainsi contraint de temporiser son action et de trouver un moyen de s’en prendre à Lee sans courrir le risque de subir trop de pertes. Il se contenta donc de rassembler ses forces sur la rive nord de la Rapidan, entre Brandy Station et Culperer Court House.[8]

Pendant que les opérations en Virginie s’enlisaient encore une fois, dans le Tennessee les choses bougeaient indéniablement. Longstreet et ses hommes arrivèrent juste à temps pour la bataille de Chickamauga lors de laquelle ils contribuèrent à la victoire de l’armée confédérée du général Bragg contre celle de Rosecrans les 19 et 20 septembre. Cette défaite fédérale fut un mini coup de tonnerre pour l’Union et à Washington les dirigeants fédéraux commençaient à s’inquiéter d’une possible déroute de l’Armée du Cumberland qui risquerait de faire perdre les progrès si chèrement acquis dans le Tennessee et le long du Mississippi. Ainsi dans un premier temps, Halleck ordonna à Sherman, qui se trouvait toujours à Vicksburg, de prendre quatre divisions avec lui pour venir renforcer Rosecrans mais celui-ci allait avoir besoin de plusieurs semaines pour accomplir ce voyage, or nul au Nord ne pensait que Bragg laisserait ce temps de répit aux fédéraux.[9] Par conséquent, ce fut Stanton, le secrétaire à la guerre, qui proposa une autre solution le 23 septembre. Son plan était de déplacer par voie de chemin de fer deux corps de l’Armée du Potomac vers le Tennessee, ce seront les 11ème et 12ème, respectivement de Howard et Slocum. Lincoln fut dans un premier temps réservé par rapport à cette idée, il n’aimait guère affaiblir l’armée de Meade mais comme le lui fit remarquer Stanton, ce dernier ne semblait pas être sur le point de passer à l’attaque. Il donna finalement son aval mais comme ces deux corps n’avaient pas encore complètement récupéré de leurs engagements lors de la campagne de Pennsylvanie, il fut décidé de les grouper en un seul, le 20ème, placé sous le commandement de Joseph Hooker qui reprit ainsi du service après son échec lors de la seconde campagne de la Rappahannock. Le déplacement de cette force demanda un effort logistique majeur et 11 jours après le départ, l’ensemble du 20ème corps, approximativement 20 000 hommes, était arrivé avec tout son matériel aux abords de Chattanooga où se trouvait l’Armée du Cumberland de Rosecrans, après un périple d’environ 1900 kilomètres.[10] Le résultat de ce transfert fut d’affaiblir l’Armée du Potomac, qui passa donc d’environ 95000 hommes à près de 76 000.

Lee fut rapidement informé du départ de deux corps d’armée fédéraux vers le Tennessee. Sa réaction fut rapide, il lui fallait porter l’attaque contre l’Armée du Potomac d’une part parce que celle-ci se retrouvait maintenant avec une supériorité numérique inférieure à ce qu’elle était encore quelques jours plus tôt et d’autre part, la victoire sudiste à Chickamauga fut importante mais cependant inachevée tant que les fédéraux tenaient toujours Chattanooga, Lee devait donc s’assurer qu’aucune autre force fédérale ne quitterait la Virginie et ce afin de faciliter la tâche de Bragg.[11] Il se lança donc dans une nouvelle manœuvre par la gauche, son objectif était, comme lors de la première campagne de Virginie du Nord, de forcer les forces fédérales à se replier pour défendre Washington et ce faisant accepter de livrer bataille sur un terrain choisi par les sudistes.[12]
Le 9 octobre, l’Armée de Virginie du Nord se mit en mouvement. Lee laissa derrière lui la division de cavalerie de Fitzhugh Lee et trois brigades d’infanterie pour garder les gués de la Rapidan et prit le reste pour contourner Cedar Moutain par l’ouest, en passant par Liberty Mills et Madison. Stuart, à la tête de la division de cavalerie de Hampton couvrait l’avancée sudiste.[13]

Très vite, Meade fut tenu au courant de l’intense activité des forces sudistes grâce à ses postes d’observations et ses espions, mais ne sachant pas encore dans les premières heures de la manœuvre confédérée si ceux-ci se repliaient vers Richmond où s’ils venaient vers lui, le général nordiste décida de se préparer aux deux éventualités. Il fit déployer la division de cavalerie de Buford aux abords de Morton’s Ford, un gué de la Rapidan, afin d’être prêt à frapper l’Armée de Virginie du Nord sur ses arrières si celle-ci se repliait vers le sud. Il fit également renforcer la division de cavalerie de Kilpatrick à James City avec l’apport de la division du général Henry Prince du corps de French afin de tenir ce carrefour routier indispensable si les sudistes s’aventuraient à marcher sur Culpeper Court House pour venir lui livrer bataille.[14] Et c’était bien ce que ceux-ci étaient en train de faire. A l’aube du 10 octobre, Stuart attaqua les positions fédérales à James City, ces derniers résistèrent à la faible pression des forces sudistes sans toutefois être en mesure de les repousser et les combats durèrent toute la journée.[15]  Le même jour, Buford se lança comme prévu dans une manœuvre contre les cavaliers de Fitzhugh Lee qui tenait Morton’s Ford. Il traversa la Rapidan à Germana Ford et se dirigea ensuite vers l’Ouest, vers Morton’s Ford pour frapper les cavaliers sudistes avec l’aide du 1er corps de Newton. Ce faisant, les cavaliers nordistes livrèrent quelques accrochages contre leurs opposants sudistes à Raccoon, Morton’s et Germana Ford.[16]  Comprenant que Lee ne se repliait pas vers Richmond mais qu’il cherchait à l’attaquer, Meade décida de se replier sur la rive nord de la Rappahannock.[17] Il craignait particulièrement d’être pris au piège entre les deux rivières dont les tracés formaient un « V » ouvert vers l’Ouest qui pourrait se révéler être un piège pour les fédéraux.[18] La nouvelle de la retraite fédérale n’atteignit Buford que le lendemain matin, forçant celui-ci à refranchir la Rapidan. Cela eut pour conséquence de déclencher de nouveaux accrochages contre les cavaliers sudistes à Morton’s Ford et Stevensburg mais Buford parvint à se dégager et à retraverser la rivière pour rejoindre le gros des forces fédérales.[19] Dans la nuit du 10 au 11 octobre, l’Armée du Potomac se mit donc en marche vers le Nord, le long de la Orange & Alexandria Railroad pour se réfugier par delà la Rappahannock.[20]
Une fois informé du départ de Meade, Lee ne se découragea pas et décida de lancer une nouvelle manœuvre de flanc toujours dans le but de porter un coup décisif à Meade. Il envoya ses deux corps d’infanterie vers Warrenton afin de progresser le long de la route parallèle à la Orange & Alexandria Railroad.[21] Pendant ce temps, la cavalerie de Stuart poursuivit l’Armée du Potomac en retraite le long de la voie ferrée. Stuart et ses hommes quittèrent James City le 11 octobre au matin, entrèrent dans Culpeper Court House abandonnée et rattrapèrent la cavalerie fédérale à Brandy Station tard dans la matinée où ils livrèrent la seconde bataille de Brandy Station au terme de laquelle les forces fédérales se replièrent par delà la Rappahannock. Dans le courant de la journée, la division de cavalerie de Fitzhugh Lee rejoignit le reste des cavaliers sudistes sans réellement jouer un rôle dans les affrontements. Au terme de la journée, Meade avait installé son quartier général à Rappahannock Station et Lee établit le sien à Culpeper Court House.[22]

La journée du 12 octobre consista en une course de vitesse entre les deux armées. Celle de Virginie du Nord progressait sur les routes menant de James City et Culpeper Court House à Warrenton. Hill passa Amissville en milieu de journée et traversa la Rappahannock à Waterloo Bridge alors qu’Ewell progressa via Jeffersonton dans le but de traverser la Rappahannock à Fauquier Springs un peu plus tard.[23] Mais dans le but d’obtenir des renseignements quant à la position des forces confédérées, Meade avait fait déployer la division de cavalerie de Gregg dans la partie supérieure de la Rappahannock afin d’en garder les gués. Le résultat de cela fut que les cavaliers nordistes repérèrent Hill à Amissville et livrèrent deux combats contre Stuart, appuyé par l’infanterie de Rodes du corps de Ewell, à Jeffersonton et Sulphur Springs, le gué se trouvant près de Fauquier Springs. Pendant ce temps, l’Armée du Potomac progressait le long de la Orange & Alexandria Railroad entre Rappahannock Station et Warrenton Junction qu’elle atteignit en début de soirée. Informé de la position des forces sudistes, Meade comprit enfin que Lee essayait de lui barrer la route et qu’il était maintenant engagé dans une course de vitesse pour rejoindre Manassas et Centreville et ainsi échapper au piège.[24] Au soir du 12 octobre, les deux armées se trouvaient à seulement quelques kilomètres de distance, à chaque extrémité de la ligne de chemin de fer reliant Warrenton à Warrenton Junction.

Au matin du 13 octobre, Lee, qui arrive à Warrenton, apprend que le gros des forces fédérales se trouve toujours à Warrenton Junction, offrant de la sorte la possibilité d’être intercepté plus au Nord, à Bristoe Station. C’est du moins ce qu’envisage le commandant sudiste.[25] Pour effectuer cette reconnaissance, Stuart avait envoyé la brigade du général Lunsford Lindsay Lomax au devant de la division de Hampton jusqu’au village d’Auburn. Là, Lomax, qui envoya des éclaireurs vers Warrenton Junction, repéra les cavaliers de Buford gardant un convoi de transport de l’armée fédérale et s’empressa d’en informer Stuart. Cependant, il ne se rendit pas compte que quelques kilomètres plus loin se trouvaient les divisions de cavalerie de Kilpatrick et Gregg ainsi que les 2ème et 3ème corps fédéraux. Une fois arrivé sur place, Stuart, lui, s’en rendit compte et fit prévenir Fitzhugh Lee afin que celui-ci lui vienne en renfort avec sa division.[26] Pendant ce temps, French, qui commandait le 3ème corps, s’était trompé de chemin et plutôt que de partir droit vers Bristoe Station, prit la route vers Auburn. Ce faisant, une fois arrivé aux abords du village, il entra en contact avec la brigade de Lomax qui reçu le soutien de Fitzhugh Lee mais eut tout de même à se replier vers Warrenton alors que French continua sa route vers Greenwich suivi par la cavalerie de Kilpatrick.[27] La conséquence inattendue de cette première bataille de Auburn, fut de coincer Stuart et sa division entre les 2ème et 3ème corps fédéraux. En effet, alors que French marchait vers Greenwich depuis Auburn, Warren, à la tête du 2ème corps, avait suivi la route empruntée par French, il marchait donc vers ce même village. Mais Stuart, qui plus tôt dans la journée avait déplacé sa division vers Warrenton Junction dans le but de chercher une opportunité de frapper le convoi nordiste n’avait pas eu le temps de repasser Auburn avant que Lomax n’en soit délogé, il était donc coincé à l’est du village. Se sachant en péril, car coupé du gros des forces et faisant face à un corps d’armée entier, Stuart décida de cacher l’entièreté de ses troupes dans un petit ravin boisé juste à l’est d’Auburn. De l’autre côté, les fantassins et cavaliers fédéraux de Warren et Gregg campèrent juste à côté des cavaliers sudistes sans même s’en rendre compte. Profitant de l’obscurité, Stuart fit revêtir des uniformes nordistes à six de ses hommes et les envoya traverser les lignes fédérales dans le but d’aller prévenir Lee de la situation précaire dans laquelle se trouvait sa cavalerie.[28]

Une fois informé de la situation, Lee décida de la marche à suivre pour la journée du 14 octobre. A.P. Hill allait devoir mettre son corps en marche depuis Warrenton vers Arlington dans le but d’intercepter l’armée fédérale, Ewell devrait se joindre à la manœuvre au plus vite après avoir libéré Stuart de son piège en attaquant les troupes fédérales présentes à Auburn. Les cavaliers encore à disposition, ceux de Fitzhugh Lee, devant être divisés en deux troupes distinctes afin de précéder les deux colonnes d’infanterie sudistes.[29] Vers 6h30, les premiers éléments du corps d’Ewell entrèrent en contact avec les hommes de Gregg avec le soutien de ceux de Stuart. Très vite, ce-dernier fut en mesure de faire sa jonction avec le reste des troupes confédérées. Mais la seconde bataille d’Auburn n’était pas terminée pour autant, Warren fit faire demi-tour aux unités de son corps qui avaient déjà commencé à progresser vers Greenwich afin de soutenir celles livrant bataille. Très vite, aucune des deux armées ne voulant vraiment se battre à cet endroit, la bataille devint un duel d’artillerie au cours duquel, les deux camps désengagèrent leurs troupes afin de les remettre en mouvement.[30] En effet, d’un côté Ewell avait reçu pour instruction de Lee de dégager Stuart puis de se joindre à Hill dans le but de lancer un assaut massif contre le flanc de Meade aux alentours de Bristoe Station ou Manassas, il ne pouvait donc pas perdre son temps à se battre contre le seul corps de Warren et de son côté, celui-ci, se sachant relativement isolé, préféra repartir vers Cattlett Station sous la protection de la cavalerie avant de reprendre la route que le reste de l’Armée du Potomac avait emprunté pour rejoindre Centreville.[31] Aux alentours de 11h00, les combats s’étaient éteints et la course de vitesse avait repris.

Pendant qu’Ewell combattait à Auburn, Hill, de son côté, progressait vers New Baltimore qu’il atteignit vers 8h30. Apprenant que des forces fédérales se trouvaient sur la route menant de Greenwich à Buckland Mills, Hill décida d’envoyer la division d’Anderson à l’intersection de la route empruntée par les fédéraux et celle sur laquelle il se trouvait lui-même. Dans le même temps, ses deux autres divisions, sous Heth et Wilcox, quittèrent la route pour passer le long du flanc nordiste avant de tourner brusquement pour se positionner sur leurs arrières et les attaquer en tenaille. Cependant, les sudistes ne trouvèrent aucune force fédérale. Seul la division de cavalerie de Fitzhugh Lee, tout juste réunifiée, rencontra brièvement celle de Kilpatrick avant que ces derniers ne se replient vers Gainesville. Fitzhugh Lee commis alors une erreur en poursuivant les cavaliers nordistes, laissant Hill sans cavalerie pour lui éclairer la route puisque Stuart progressait, lui, sur le flanc droit de Ewell.[32]
Ne trouvant aucune force fédérale sur son chemin, Hill remit son corps d’armée en marche vers Bristoe Station, espérant y trouver le flanc gauche nordiste où à tout le moins l’arrière garde. Au même moment, Meade, sachant Warren en retard par rapport au reste de la colonne fédérale, ordonna à Sykes et son 5ème corps, d’attendre à Bristoe Station que le 2ème soit en vue afin d’ainsi être en mesure de lui porter assistance dans l’éventualité où une force confédérée l’intercepterait. Meade savait l’Armée de Virginie du Nord très proche et ne voulait prendre aucun risque.[33] Aux alentours de 11h, les premières troupes de Heth arrivèrent à Bristoe Station et aperçurent des éléments du 5ème corps qui se mettaient en route vers le Nord. En effet, Warren était en vue et Sykes mit son corps en marche comme prévu. Ainsi, pensant avoir trouvé l’arrière garde de l’Armée du Potomac, Hill ordonna à Heth de se porter à l’attaque des fédéraux. Mais ni Hill, ni Heth n’avaient remarqué que Warren arrivait lui aussi à Bristoe Station par le sud et celui-ci n’hésita pas à prendre de flanc et par surprise les troupes de Heth déclenchant la bataille de Bristoe Station.[34] Hill subit des pertes importantes lors de cet engagement, aux alentours de 1900 hommes contre 300, et, une fois la surprise passée, il ne fut pas en mesure de prendre le dessus sur le seul corps de Warren qui lui, se replia à la nuit tombée pour rejoindre le gros des troupes en route vers Centreville.[35] Bien qu’il reçu l’arrivée du corps de Ewell en fin de journée, Lee ne l’engagea pas comprenant que cela était vain, Meade avait refusé le combat et était maintenant trop loin pour pouvoir être intercepté avant d’atteindre les fortifications de Centreville.[36]

Figure 66: Offensive confédérée entre les 9 et 15 octobre

Untitled

Source: Second North Virginia Campaign, october 9-15, 1863, Bristoe Station Mobile Tour.

A la suite de la bataille, Lee avança ses troupes jusqu’aux abords de Manassas Junction mais maintenant certain que Meade s’était retranché en bon ordre derrière les défenses de Centreville et qu’il ne pouvait se maintenir dans cette région car elle n’avait rien à offrir à son armée affamée, il décida que ne pouvant plus rien gagner de cette campagne, il était plus sage de se replier derrière la Rappahannock.[37] Le 16 octobre, l’Armée de Virginie du Nord commença à marcher vers le Sud le long de la Orange and Alexandria Railroad, que ses hommes détruisirent au fur et à mesure de leur retraite, avec les cavaliers de Stuart responsables d’en protéger les arrières. Une fois encore, Meade ne se lança pas pleinement dans la poursuite, chargeant seulement ses cavaliers de cette tâche. Pleasonton mit ses trois divisions en route pour poursuivre les confédérés mais le 18, alors que l’infanterie sudiste traversait Rappahannock Station pour établir une ligne de défense derrière la rivière, Stuart parvint à lui tendre une embuscade à Buckland Mills où les fédéraux de la division de Kilpatrick échappèrent de justesse à un piège qui aurait pu leur coûter plus cher et qui surtout les força à battre en retraite.[38] Les cavaliers nordistes se montrèrent donc complètement incapables de gêner la retraite sudiste et Lee atteignit la Rappahannock sans encombre.

Aucune des deux armées ne bougera plus avant début novembre, les confédérés défendant les gués à Rappahannock Station et Kelly’s Ford alors que Meade avait fait quitter Centreville à son armée le 19 octobre pour se rapprocher de leurs positions. Le 7 novembre, sous pression de Washington d’attaquer l’armée sudiste, Meade décida de pousser ses forces via les gués de la rivière. Le commandant nordiste avait un temps envisagé de déplacer ses forces vers Fredericksburg pour lancer une attaque vers Richmond. Mais finalement, devant l’opposition de Lincoln à ce plan, il lança le 3ème corps de French contre Kelly’s Ford et la division de Rodes alors que le 6ème de Sedgwick se porta à l’assaut à Rappahannock Station contre la division d’Early. Après une attaque soudaine des fédéraux à la tombée de la nuit, ayant perdu le contrôle des deux gués et voyant que le plan qu’il avait préparé pour contrer l’attaque de Meade avait échoué, Lee décida de replier son armée entre Gordonsville et Verdiersville derrière la Rapidan, qu’il refranchit le 9 novembre, mettant fin à la campagne de Bristoe Station et ramenant ainsi les deux armées à leurs points de départ puisque Meade, une fois la Rappahannock franchie, regroupa l’Armée du Potomac dans la région de Brandy Station.[39]

Figure 67: Contre-offensive fédérale entre le 16 octobre et le 10 novembre

Untitled

Source: Second North Virginia Campaign, october 16 – november 10, 1863, Bristoe Station Mobile Tour.

Après un peu plus d’un mois de manœuvres intenses et alors que l’hiver s’approchait, les deux armées avaient la volonté de prendre leurs quartiers d’hiver. Cependant, à Washington, les dirigeants fédéraux ne voyaient pas la chose de la même manière et Meade subissait toujours des pressions de Lincoln et Halleck pour se porter à l’attaque et tenter une dernière fois de porter un coup dur à l’Armée de Virginie du Nord avant que la saison de campagne 1863 ne touche à sa fin sur le théâtre de Virginie.[40] Ce dernier fut donc contraint de chercher une ouverture dans la ligne défensive de l’armée de Lee qu’il pourrait exploiter. Ce fut finalement vers la droite de la ligne confédérée que son attention fut attirée à la suite de reconnaissances de ses cavaliers. En effet, les sudistes avaient déployés moins d’hommes pour tenir les gués de la Rapidan et de plus, leur flanc droit n’était ancré à aucun obstacle naturel, il pouvait donc plus facilement être contourné. Le plan de Meade reposait également sur la présence dans le secteur de deux routes orientées est-ouest et passant sur les arrières des forces sudistes, routes qui pouvaient donc favoriser une attaque de flanc.[41] Le commandant nordiste prévit donc de faire passer le gué de Culpeper Mine Ford au 1er et 6ème corps de Newton et Sykes, de descendre le long de la Orange Plank Road et d’ensuite les faire obliquer vers l’Ouest pour flanquer la ligne confédérée. Dans le même temps, le 2ème corps de Warren franchirait la rivière à Germana Ford, pour ensuite prendre la Orange Turnpike et, comme les deux autres, se diriger ensuite vers l’Ouest. Enfin, les 3ème et 6ème corps de French et Sedgwick devaient eux franchir la Rapidan à Jacob’s Ford et s’attaquer directement aux forces confédérées pendant que les autres manœuvraient pour flanquer les sudistes. La défense de la droite confédérée revenait au général Early, qui avait pris le commandement du corps d’Ewell à la suite de la blessure de ce dernier et la gauche était tenue par le corps de Hill.[42] Meade espérait pourvoir faire frapper l’ensemble de ses corps avant que les confédérés n’aient le temps de concentrer leurs forces pour faire face à cette attaque et ainsi disposer d’une supériorité numérique locale largement supérieure à deux pour un.[43]
Initialement prévue pour le 24, l’attaque fut retardée en raison de la météo défavorable. Un délai que Lee n’hésita pas à exploiter pour renforcer sa droite en usant, comme lignes intérieures, des routes que Meade comptait exploiter pour son offensive.[44]

Après une manoeuvre entamée le 26, l’Armée du Potomac se trouvait sur la rive sud de la Rapidan dès le 27 au matin, bien que French fut contrait de changer ses plans en faisant finalement traverser une partie de son corps à Germana Ford ce qui ne manqua pas de faire perdre aux nordistes la vitesse d’exécution nécessaire pour surprendre Lee. Meade fit progresser les corps de Warren et Sedgwick le long de la Orange Turnpike mais ceux-ci furent stoppés à Robinson’s Tavern par les divisions de Rhodes et Hays venues à leur rencontre. Dans le même temps, le 3ème corps de French fut lui aussi arrêté à Payne’s Farm par la division de Johnson alors qu’il remontait vers Jacob’s Ford. Enfin, le long de la Orange Plank Road, Stuart d’abord et Heth ensuite bloquèrent la progression de Sykes à New Hope Church.[45] Très vite, Lee se rendit compte que l’offensive fédérale lui offrait l’opportunité de livrer une bataille défensive lors de laquelle il espérait infliger de lourdes pertes à ses opposants. Il décida donc de faire replier ses forces derrière la Mine Run, une petite rivière, affluant de la Rapidan, orientée nord-sud et coupant perpendiculairement les deux routes, et d’y faire fortifier ses nouvelles positions durant la nuit.[46]

Le 28 novembre, les généraux nordistes allèrent étudier les défenses sudistes afin de décider de la stratégie à mettre en place pour la bataille à venir. Sur la requête de Warren, il fut décidé de concentrer l’effort contre la droite confédérée où celui-ci attaquerait en tête avec French et Newton en soutien pendant que Sedgwick mènerait une action de diversion sur la droite.[47] Mais le 29, les cavaliers sudistes menèrent un raid contre la gauche fédérale, causant de la sorte une hésitation dans le chef de Meade qui fut conduit à se demander si Lee ne prévoyait pas lui-même de passer à l’attaque, auquel cas il était plus prudent de rester attentiste pour profiter de l’avantage de la défense. Avec le nouveau délai ainsi gagné Hill, qui tenait la droite sudiste, pu renforcer ses positions.[48] Au soir du 29, Meade maintenant conscient que Lee n’allait pas attaquer, confirma à Warren de lancer son attaque dès le lendemain matin. Mais alors que ce dernier avançait à l’aube du 30 novembre, il découvrit que les sudistes disposaient maintenant de bien plus solides positions et stoppa sa progression pour en informer Meade. Conscient de l’impossibilité d’attaquer la ligne défensive confédérée sans avoir à subir de lourdes pertes, le commandant nordiste eut à choisir entre accepter cet état de fait et risquer la chose ou se retirer derrière la Rapidan et mettre fin à la campagne sachant très bien que la nouvelle ne serait guère appréciée à Washington. Afin de tout de même disposer d’un certain appui, Meade fit tenir un conseil de guerre qui entérina la décision de la retraite vers la rive nord de la Rapidan afin d’y installer les quartiers d’hiver de l’Armée du Potomac et attendre de nouvelles opportunités l’année suivante. La retraite fédérale se fit dans la nuit du 1 au 2 décembre.[49]
De l’autre côté, Lee, qui attendait l’attaque fédérale avec impatience, espérant user de l’avantage défensif pour, comme à Fredericksburg, infliger un coup dur à l’armée fédérale, finit par s’impatienter et décida de lancer sa propre attaque le 2 décembre mais comme à Chancellorsville, les sudistes attaquèrent alors que les fédéraux s’étaient retirés dans la nuit et l’opportunité fut perdue.[50]
A la suite de cette offensive, qui prit le nom de campagne de Mine Run, l’armée du Potomac perdit environ 1300 hommes contre 700 de l’autre côté et les deux armées s’installèrent alors pour l’hiver de part et d’autre de la Rapidan.[51]

Le résultat de la seconde campagne de Virginie du Nord ressemble à un coup d’épée dans l’eau, une campagne pratiquement inutile tant elle ne modifia pas ou peu la situation sur le théâtre de Virginie. Ni Meade, ni Lee ne parvinrent à atteindre leurs objectifs. Meade échoua à engager l’Armée de Virginie du Nord et à profiter de sa supériorité numérique mais il fut tout de même en mesure, grâce à son approche extrêmement prudente, de prévenir tout risque d’un succès confédéré et au final parvint à regagner tout le terrain perdu durant sa retraite. De son côté, Lee échoua lui aussi à gagner des points en ne parvenant pas à forcer Meade au combat en terrain découvert et il ne fut pas non plus en mesure de conserver le terrain gagné. Son seul succès dans cette campagne fut donc de tenir en échec une force presque deux fois plus grande pendant que l’action stratégique principale se déroulait ailleurs, au Tennessee. Car c’est là la raison de cette apparente faible importance de la seconde campagne de Virginie du Nord. Pour la première fois de la guerre, la Confédération choisit d’interconnecter deux théâtres afin d’augmenter ses chances de succès sur l’un, le Tennessee, alors que l’autre perdit momentanément en importance avec une approche plus défensive.

Au final, si sur le plan tactique la campagne était un match nul, sur le plan stratégique le fait qu’une fois encore une campagne en Virginie ne débouche sur rien avait pour conséquence que l’ascendant allait, de peu, aux confédérés, leur objectif principal, n’en déplaise à Lee, étant de tenir en respect l’Armée du Potomac, ce qu’ils firent. Mais il convient de se demander si l’Armée de Virginie du Nord n’aurait pas mieux fait de camper sur ses positions fortes pour bloquer les fédéraux plutôt que de se lancer dans une campagne de manœuvres au cours de laquelle elle perdit environ 5000 hommes contre autant pour le Nord dans une série de petites batailles et d’escarmouches ne débouchant sur rien puisque les deux camps refusèrent le combat tour à tour. Une approche strictement défensive lui aurait certainement couté moins cher. Certes cela aurait pu également avoir pour conséquence de permettre à l’Union de déployer plus de troupes vers le Tennessee mais l’histoire montra que les seuls deux corps y ayant été envoyés permirent déjà de faire pencher la balance pour l’Union sur ce théâtre.
Plus que jamais, Lee avait compris qu’il lui faudrait maintenant rester sur la défensive afin de permettre à son armée éprouvée de reprendre des forces et se préparer à de nouvelles attaques du Nord, dont la puissance militaire croissait avec le temps, alors que des généraux compétents émergeaient progressivement à sa tête.


[1] Shelby FOOTE, op.cit., page 679.

[2] Idem, page 811.

[3]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 425.

[4]SALMON John S., The Official Virginia Civil War Battlefield Guide, Mechanicsburg: Stackpole Books, 2001, p. 217.

[5] Ibid.

[6]James McPHERSON, op.cit., page 735.

[7] John SALMON, op.cit., page 217.

[8]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 425.

[9]James McPHERSON, op.cit., page 740.

[10]Ibid.

[11]John SALMON, op.cit., page 218.

[12]Shelby FOOTE, op.cit.,  page 899.

[13]John SALMON, op.cit., page 219.

[14] Ibid.

[15]Idem, page 220.

[16]Ibid.

[17]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., pp. 425-246.

[18]Shelby FOOTE, op.cit., page 900.

[19]John SALMON, op.cit., page 220.

[20]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 426.

[21]Shelby FOOTE, op.cit., page 902.

[22]John SALMON, op.cit., page 220.

[23]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 426.

[24]John SALMON, op.cit., page 220.

[25]Shelby FOOTE, op.cit., pages 902-903.

[26]John SALMON, op.cit., page 221.

[27] FLOYD Dale E., LOWE David W., Auburn, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; John SALMON, op.cit., page 221.

[28]Ibid.

[29]Idem, page 222.

[30]FLOYD Dale E., LOWE David W., Auburn II, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; John SALMON, op.cit., page 222.

[31]Ibid.

[32]Idem, page 223.

[33]Ibid.

[34]Ibid.

[35]Shelby FOOTE, op.cit., page 907. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Bristoe Station, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[36]Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 426.

[37]Shelby FOOTE, op.cit., pages 907-908.

[38]John SALMON, op.cit., page 224.

[39] Shelby FOOTE, op.cit., page 916. ; John SALMON, op.cit, page 225.

[40]Idem, page 242.

[41]Ibid.

[42]Ibid.

[43] Shelby FOOTE, op.cit., page 916

[44]John SALMON, op.cit., page 242.

[45] FLOYD Dale E., LOWE David W., Mine Run, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; John SALMON, op.cit., page 244.

[46]Ibid.

[47] Shelby FOOTE, op.cit., page 1001.

[48]John SALMON, op.cit., page 242.

[49]Idem, page 245.

[50]Shelby FOOTE, op.cit., page 1004.

[51]Ibid.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s