Les opérations de l’hiver 63-64

La seconde campagne de Virginie du Nord n’avait débouché sur rien et les deux armées prirent leurs quartiers d’hiver à sa suite. Mais alors que celui-ci était toujours très rude et loin d’arriver à son terme, certains officiers nordistes échafaudèrent des plans d’actions devant impliquer des effectifs relativement réduis mais dont les objectifs devaient, eux, être retentissants et apporter la gloire à leurs concepteurs. Lincoln, qui cherchait à obtenir de bonnes nouvelles en Virginie alors que l’année 1864 allait voir se dérouler les élections présidentielles, se montra très ouvert à ces propositions. De plus, il était toujours à la recherche d’officiers commandants entreprenants et n’ayant pas peur d’engager le combat pour occuper des postes importants sous les ordres de Grant à qui il comptait confier le commandement de toutes les forces armées de l’Union dans l’espoir de le voir mettre un terme à la guerre au plus vite.

Les actions de l’hiver 63-64 n’allaient impliquer qu’une partie très réduite des effectifs des deux camps présents de part et d’autre de la Rapidan. Les forces de Armées de Virginie du Nord et du Potomac comptaient sensiblement les mêmes effectifs que lorsque la seconde campagne de Virginie du Nord prit fin. Certes certains avaient été autorisés à retourner chez eux pour s’y reposer ou changer leurs chevaux épuisés – privilège qui fut particulièrement réservé aux officiers et aux cavaliers -, mais dans l’ensemble cela ne changeait que peu l’importance des effectifs dans les deux camps.[1]
Lee et ses hommes tenaient la rive sud de la Rapidan, dans la région de Orange, entre le confluent de la Mine Run et de la Rapidan à l’Est et Liberty Mills à l’Ouest, soit une ligne d’à peu près 32 kilomètres. La base d’approvisionnement confédérée se trouvant à Gordonsville que la ligne de chemin de fer de la Orange et Alexandria Railroad connectait aux troupes sudistes.
L’armée fédérale de Meade, elle, se trouvait sur la rive nord, dans les régions de Culpeper Court House et Brandy Station.[2]
Les opérations de l’hiver 63-64 impliquèrent également des troupes se trouvant dans la Péninsule de Virginie et dans la partie septentrionale de la Caroline du Nord. Il s’agissait de l’Armée de la James, composée du 18ème corps fédéral sous le commandement du général Butler, et stationnée aux alentours de Fort Monroe pour l’Union et des troupes du département confédéré de Virginie du Sud et Caroline du Nord sous les ordres de Pickett dont les forces faisaient face aux précédents pour la Confédération. Seul une partie de ces deux forces sera néanmoins impliquée dans les actions à venir.

Entre la seconde campagne de Virginie du Nord et le début mars 1864, les autres théâtres d’opérations furent relativement calmes. Premièrement, en Floride, les forces fédérales présentes dans la région tentèrent de renforcer leurs positions dans le secteur tout en agressant les sudistes. Cependant, les nordistes échouèrent devant la position fortifiée confédérée de Olustee le 20 février et se replièrent vers Jacksonville.
Deuxièmement, entre décembre et janvier dans le Tennessee Oriental, une série d’accrochages eut lieu entre les cavaliers de Sturgis et des éléments des forces de Longstreet mais ils s’agissaient là plus de combats de harcèlement de part et d’autre plus que d’opérations de grande envergure.
Enfin, le 2 février 1864, le général Innis Newton Palmer, commandant de la brigade nordiste de l’Armée de la James se trouvant aux abords de New Berne en Caroline du Nord, signala à son supérieur direct, Butler, que ses positions étaient attaquées par près de 15 000 confédérés. Butler estima que Palmer surestimait les forces ennemies et rabaissa ce nombre à 8000. de plus, il jugea que Pickett ne disposait pas de la capacité de mobiliser autant de forces contre New Berne et avait donc nécessairement reçu des renforts depuis Richmond. Butler vit donc là une opportunité de s’en prendre à la capitale confédérée.[3] Le 3 février, il envoya donc un télégramme à Halleck et Stanton dans lequel il développa son plan d’action. L’Armée du Potomac devait lancer une attaque par delà la Rapidan afin de fixer les forces de Lee dans la région et ainsi l’empêcher de déployer des renforts vers la capitale que Butler entendait prendre.[4] Ce dernier espérait également que cette action atténuerait la pression sur New Berne, mais le 4 février, Pickett mit un terme à son offensive qui resta vaine.

Après un temps de réflexion, Halleck accepta le plan de Butler et le 5 février ordonna à Sedgwick, qui remplaçait Meade à la tête de l’Armée du Potomac – ce dernier étant malade – de mettre en œuvre l’opération de diversion demandée par Butler. Sedgwick, qui accepta à contrecœur, précisa tout de même à Halleck que l’état des routes dans la région de la Rapidan et la météo empêchaient toute manœuvre de flanc. De plus, il estimait qu’une telle action ne ferait qu’accroitre l’état d’alerte des forces confédérées et par conséquent handicaperait toute action future dans ce secteur.[5]

Quoiqu’il en soit, Sedgwick obéit et prépara une action en quatre points. Les divisions de cavalerie des généraux Wesley Merrit, qui remplaçait Buford ce dernier étant mort de la typhoïde durant l’hiver, et Kilpatrick devaient mener des actions de diversion respectivement devant Barrett’s Ford et Culpeper Ford durant la journée du 7 février. Une autre diversion devait être menée par le 1er corps de Newton contre Raccoon Ford le 6 février. Enfin, l’action principale devait être conduite le même jour par le 2ème corps de Warren contre Morton’s Ford.
Dans la Péninsule, Butler confia au général Isaac Jones Wistar de mener l’offensive fédérale vers Richmond avec 4000 fantassins et 2200 cavaliers.

Le 6 février, le 2ème corps de Warren, qui se trouvait momentanément sous le commandement du général John Curtis Caldwell car Warren était tombé malade, se présenta devant Morton’s Ford. Les troupes fédérales parvinrent à prendre pied momentanément sur la rive sud de la Rapidan au profit d’une attaque surprise dans la matinée, mais au terme de la journée et de la nuit, les forces confédérées de la brigade de Johnson du corps de Ewell, réorganisées et renforcées, repoussèrent les fédéraux qui ne cherchèrent pas à se maintenir à tout prix.[6] Le même jour, le 1er corps de Newton se présenta devant Raccoon Ford pour y faire une autre diversion, mais ni les mouvements d’infanterie ni les tirs d’artillerie ne déclenchèrent de réponse de la part des sudistes, de sorte que, à la fin de la journée, les fédéraux se retirèrent.[7] Le lendemain, les cavaliers de Merrit et Kilpatrick vinrent à leur tour faire diversion devant Barrett’s et Culpeper Ford. Merritt échangea des tirs avec une brigade d’infanterie sudiste renforcée de quelques canons jusqu’aux alentours de 13h où il mit un terme aux combats.[8] De son côté, Kilpatrick mena son action devant Culpeper Ford et envoya également des équipes d’éclaireurs vers Germana Ford, Ely’s Ford, Chancellorsville et Jacob’s Ford. Nul part les cavaliers fédéraux ne rencontrèrent de véritable opposition de la part des sudistes. En effet, d’une part les cavaliers confédérés rencontraient des problèmes d’approvisionnement et d’autre part, Lee n’avait déployé que peu d’hommes à l’est de la Mine Run. Les enseignements que Kilpatrick retira de ce raid devaient prendre de l’importance plus tard dans le mois.

Dans la Péninsule, les troupes de l’Armée de la James, chargées par Butler de marcher sur Richmond se mirent en marche comme prévu dès le matin du 7 février. Mais alors que les cavaliers fédéraux arrivaient à Bottom’s Bridge, l’avancée fut stoppée par les confédérés et, prenant conscience que l’effet de surprise était perdu, Wistar, le commandant des troupes fédérales sur le terrain, décida d’interrompre l’offensive. Les sudistes avaient pu anticiper l’attaque nordiste grâce à un déserteur, le soldat William Boyle, qui avait été condamné pour meurtre mais pas encore exécuté. Boyle s’évada et rejoignit Richmond où il informa les sudistes de l’imminence de l’attaque. Butler n’eut donc d’autres choix que d’annuler son opération.[9]

Le résultat de ces deux opérations coordonnées fut donc un échec. D’une part, Butler ne parvint pas à franchir les premières défenses sudistes dans la péninsule et ne put donc pas prendre Richmond. D’autre part, le long de la Rapidan, l’Armée du Potomac mena bien ses actions de diversion mais au prix de pertes complètement inutiles.
Comme lors du transfert de Longstreet dans le Tennessee, l’idée initiale de lier deux théâtres différents dans le but de permettre une ouverture sur l’un deux était sur papier tentante mais sa mise en œuvre s’avéra trop simpliste. Sûr de ses renseignements et de son plan, Butler était persuadé qu’il n’aurait qu’à faire marcher ses troupes pour prendre la capitale confédérée si bien que dès qu’un premier écueil se présenta sur son chemin, toute son offensive s’effondra rendant les actions de l’Armée du Potomac complètement inutiles.

Lors de son raid de diversion, Kilpatrick avait donc pu se rendre compte que les gués à l’extrême droite de la ligne confédérée, à l’ouest de la Mine Run, n’étaient pas bien gardés et cela n’allait pas manquer de l’inspirer. Il commença donc à échafauder un plan qui devait lui permettre de reprendre à son compte l’objectif de Butler, prendre Richmond.
Kilpatrick savait deux choses. Premièrement, Lincoln serait intéressé par l’idée de prendre la capitale confédérée, et ce surtout quelques jours après la déception due à l’échec de Butler. La proposition de Kilpatrick pouvait représenter une seconde chance de libérer les soldats nordistes emprisonnés près de la ville et de répandre la nouvelle de la proclamation d’amnistie et de reconstruction de Lincoln, un document établit au mois de décembre 1863 par le Président dans le but d’offrir le pardon et un plan de reconstruction aux sudistes dans l’espoir qu’ils acceptent de cesser les hostilités.[10] Deuxièmement, ni Meade, qui était revenu aux commandes de l’Armée du Potomac, ni Pleasonton ne seraient aussi réceptifs que Lincoln, Kilpatrick allait donc devoir trouver une autre façon de faire parvenir son plan au Président que par la voie hiérarchique normale.
Pour ce faire, Kilpatrick communiqua avec certaines personnes bien placées à Washington afin qu’elles parlent de son projet à Lincoln, et cela fonctionna car le 11 février, un messager vint le prévenir qu’il devait se présenter auprès de Lincoln. Le lendemain, Kilpatrick, Lincoln et Stanton planifièrent le raid.[11]

Le plan d’action de Kilpatrick consistait à faire franchir la Rapidan à près de 4000 cavaliers par le flanc droit de l’Armée de Virginie du Nord et de les faire progresser le plus vite possible vers Richmond, y libérer les prisonniers fédéraux détenus dans les prisons de Belle Isle et Libby avant de prendre la ville avec l’aide de ces renforts improvisés. Sur la route, les hommes de Kilpatrick devaient également distribuer des copies de la proclamation d’amnistie de Lincoln en plus de causer le plus de ravages possibles à l’effort de guerre confédéré.[12]
Pour aider à la mise en œuvre, Kilpatrick demanda à ce que deux opérations de diversion soient menées. La première par la brigade de cavalerie de Custer, avec 1500 hommes, qui devait détruire un pont ferroviaire enjambant la Rivanna River, près de Charlottesville, soit sur le flanc gauche de la ligne confédérée, afin d’y attirer le plus de cavaliers sudistes possibles, de sorte que ceux-ci ne puissent se lancer tout de suite à la poursuite des 4000 cavaliers de Kilpatrick. Si jamais il se faisait couper de ses lignes de communications, Custer avait pour ordres de rejoindre les lignes fédérales dans la vallée de la Shenandoah.[13] La deuxième opération devait être celle de l’ensemble du 6ème corps de Sedgwick qui devait emmener ses troupes vers la Robertson’s River afin d’y attirer l’attention des sudistes.[14]
Le 23 février, le colonel Ulrich Dahlgren vint se joindre à l’opération. Kilpatrick accepta de lui confier 500 hommes, spécialement sélectionnés, et à lui attribuer la mission de quitter la troupe principale à Mt Pleasant, franchir la James River pour attaquer Richmond par le sud-ouest, libérer les prisonniers et rejoindre Kilpatrick qui attaquerait lui la capitale sudiste par le nord.[15]

Dans la nuit du 28 au 29 février, Custer et ses hommes passèrent la Robertson’s River à Banks’ Mill Ford. Cela n’échappa pas aux sudistes et Stuart prit lui-même le commandement d’une brigade de cavalerie pour poursuivre les fédéraux. Les deux troupes se livrèrent alors à un jeu du chat et de la souris dans la région de Charlottesville, Stuart tentant d’intercepter Custer et celui-ci essayant de repasser la Robertson’s River. Finalement, les nordistes parvinrent à se mettre en sûreté sur la rive nord de celle-ci mais sans avoir atteint tous leurs objectifs. Le pont près de Charlottesville demeura intact mais Custer parvint tout de même à attirer de nombreux cavaliers sudistes, dont Stuart lui-même, ce qui était finalement le plus important. De plus, Custer s’avéra très prudent et fut en mesure d’accomplir sa tâche en ne perdant que très peu de ses hommes malgré un petit engagement avec Stuart, près de Banks’ Mill Ford, lors duquel il prit par surprise son opposant avant de se retirer et de se replier vers Burton’s Ford où il retraversa la rivière tôt le 1er mars.[16]
Le 6ème corps de Sedgwick mena comme prévu son opération de diversion devant la gauche sudiste mais cela consista en un simple déplacement de troupes pour attirer l’attention des confédérés et aucun combat n’en résulta.

Dans la même nuit, à l’autre bout de la ligne confédérée, Kilpatrick lança son opération en passant la Rapidan à Ely’s Ford avant de continuer sa route droit vers Richmond par Chancellorsville et Spotsylvania Court House. Une fois à Mt. Pleasant, Dahlgren et ses hommes quittèrent comme convenu la colonne principale et se dirigèrent vers la James River afin de la franchir avant d’attaquer Richmond. Pendant ce temps, lorsqu’il atteignit la Virginia Central Railroad à hauteur de Beaver Dam Station tôt au matin du 29 février, Kilpatrick y détruisit la petite gare et la station télégraphique qui s’y trouvait mais ne purent empêcher quelques confédérés de prendre la fuite vers Richmond pour y donner l’alarme. Kilpatrick, lui, poursuivit sa route et s’installa pour la nuit près de la South Anna River.[17]
Pendant ce temps, vers 10 heure le même jour, Hampton rassembla ses troupes disponibles, entre 300 et 400 hommes, et se lança à la poursuite de Kilpatrick.[18]

Au matin du 1er mars, Kilpatrick arriva lui, vers 10 heure, aux abords de Richmond mais, alerté la veille au soir, le colonel Walter Husted Stevens, commandant des défenses de la capitale confédérée avait préparé ses positions.[19]
De son côté, Dahlgren se sépara d’une centaine de ses hommes qui devaient progresser vers Richmond en restant sur la rive nord de la James pour y détruire le plus d’infrastructures possibles pendant qu’il en faisait de même sur l’autre rive. Cependant, une fois arrivé à Jude’s Ferry, les fédéraux ne purent traverser la rivière en raison d’une crue de celle-ci et Dahlgren continua vers l’est dans l’espoir de trouver un autre point de passage.[20] Plus tard, cette centaine d’hommes rejoindra le gros des cavaliers fédéraux de Kilpatrick.

Devant les défenses de Richmond, Kilpatrick n’osait pas se lancer à l’attaque et attendait de voir arriver les troupes de Dahlgren. Il était persuadé de faire face à une importante force d’infanterie, comme si Richmond avait reçu des renforts. Dans les faits, les troupes confédérées gardant la ville, comptant entre 3000 et 5000 hommes, la plupart d’entre eux étant des jeunes, des vieillards et des notables de la ville qui avaient été en mesure de faire suffisamment impression pour contenir l’avancée des cavaliers fédéraux.[21]
Après plusieurs heures d’attente dans l’espoir de voir Dahlgren et ses hommes arriver pour lui prêter main de forte dans l’attaque contre les défenses de Richmond, Kilpatrick décida finalement de se replier dans l’après midi du 1er mars. Ce dernier craignait particulièrement que les cavaliers sudistes de Hampton ne le rattrapent et le prennent en tenaille avec l’aide de la garnison de la ville, or plus il attendait plus le risque augmentait. Kilpatrick préféra, afin de ne pas voir cela se produire, se diriger vers la Péninsule et les lignes de l’Armée de la James. Pour ce faire, il franchit la Chickahominy River à Meadow Bridge et se dirigea vers Mechanicsville pour y passer la nuit.[22] Tard dans la soirée, les fédéraux eurent à livrer un rapide combat contre ceux de Hampton qui arrivèrent depuis Yellow Tavern. Les sudistes furent repoussés mais cela suffit tout de même à achever de convaincre Kilpatrick de se replier pour de bon et celui-ci déplaça ses hommes à Bethesda Church.[23]
Pendant ce temps, Dahlgren, qui arriva à Richmond par l’ouest et entra en contact avec les premiers éléments de la défense de la ville, se rendit très vite compte que Kilpatrick et ses hommes n’étaient pas là, le contraignant à se replier pour également rejoindre les lignes fédérales. Lui aussi opta pour la direction de la Péninsule. Après avoir  traversé la Chickahominy un peu plus au nord de Meadow Bridge, près de 300 de ses hommes furent séparés du reste dans la confusion. Finalement, bien qu’une quarantaine d’entre eux furent soit tués, soit capturés, le gros de la troupe parvint à faire sa jonction avec les forces de Kilpatrick près de Tunstall’s Station la nuit suivante.[24]

Dans la journée du 2 mars, Kilpatrick demeura toute l’avant-midi près de Bethesda Church dans l’espoir de voir arriver Dahlgren mais les forces sudistes s’amoncelant de plus en plus vite dans le secteur, Kilpatrick ordonna de reprendre la route vers midi et s’arrêta à Tunstall’s Station pour la nuit où il fut rejoint par les éléments séparés de Dahlgren.[25]
De l’autre côté, Dahlgren et les 200 hommes lui restant continuèrent de progresser vers la Panunkey River et la Mattaponi ensuite. Tard à la fin de la journée, alors qu’ils arrivaient près de King and Queen Courthouse, ils tombèrent dans une embuscade tendue par les éléments de cavalerie confédérés. Cela résultat en la bataille de Walkerton qui se déroula dans la nuit du 2 au 3 mars et lors de laquelle l’ensemble de Dahlgren et ses hommes furent tués ou capturés.[26]
Le 3 mars, Kilpatrick atteignit New Kent Court House où il se trouva alors en sécurité dans les lignes fédérales de l’Armée de la James.[27]

Figure 68: Le raid Kilpatrick-Dahlgren en Virginie

Untitled

Source: SUHR Robert, The Dahlgren Affair: Kilpatrick-Dahlgren Raid on Richmond, MacLean: Warfare History Network, page 3.

Le raid de Kilpatrick et Dahlgren s’avéra donc être un échec. Non seulement les fédéraux n’approchèrent même pas des prisons de Libby et Belle Isle, mais ils furent également incapables de menacer la capitale sudiste. Enfin, pour parachever l’échec, la perte de Dahlgren et ses hommes, en plus de représenter des pertes plus importantes que celles subies par le Sud au cours de tout le raid, fit perdre à l’Union le seul domaine où elle avait obtenu des points, la diffusion de la proclamation d’amnistie. En effet, à l’échec militaire devait s’ajouter un échec politique.[28]
Dans les effets personnels récupérés par les sudistes sur le cadavre de Dahlgren furent trouvés de papiers contenant des instructions très précises sur ce que ses hommes devaient faire une fois Richmond tombée: brûler la ville et exécuter les membres du gouvernement confédéré, dont Jefferson Davis. Les historiens débattront encore longtemps pour savoir si ces instructions, qui ne furent jamais distribuées aux hommes, émanaient de la seule initiative de Dahlgren ou si des autorités supérieures dans la hiérarchie militaire ou politique de l’Union avaient un rôle à jouer dedans. Quoiqu’il en soit, le mal était fait et très vite la nouvelle de l’existence de ses instructions fut reprise dans la presse sudiste, annihilant assurément tout succès que la déclaration d’amnistie de Lincoln aurait pu rencontrer.[29]
James Seddon, Secrétaire d’Etat à la guerre confédéré décida d’envoyer une copie des documents à Lee, d’une part dans le but de les utiliser comme un moyen d’accroitre le moral de l’Armée de Virginie du Nord et d’autre part afin que le général sudiste puisse demander des comptes à Meade, ce qu’il fit. Lee fit parvenir une lettre au commandant de l’Armée du Potomac, dénonçant les instructions contenues dans les papiers de Dahlgren et demandant des explications. Quelques jours plus tard, Meade répondit, après avoir commandité une enquête, et déclara à Lee que les instructions de Dahlgren était de la propre initiative de ce dernier et n’avaient jamais été sanctionnées par un quelconque échelon hiérarchique.[30]

L’hiver 1863-1864 fut donc marqué, sur le théâtre de Virginie, par deux actions mineures et vaines de l’Union contre la capitale confédérée alors que les opérations principales étaient en pause en attendant des conditions climatiques plus clémentes pour reprendre les hostilités au printemps. Un nouvel acteur allait faire son apparition sur ce théâtre, Ulysses Simpson Grant, à qui Lincoln avait, le 3 mars, confié le commandement de l’ensemble des forces armées de l’Union avec pour mandat clair de mettre un terme à la guerre en soumettant le Sud.


[1] SUHR Robert, The Dahlgren Affair: Kilpatrick-Dahlgren Raid on Richmond, MacLean: Warfare History Network, page 1.

[2] Jedediah HOTCHKISS, op.cit., pp. 464-465.

[3] John SALMON, op.cit., page 250.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 425. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Morton’s Ford, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; John SALMON, op.cit., page 250.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10] Shelby FOOTE, op.cit., page 1040.

[11] Ibid.

[12] Robert SUHR, op.cit., page 1.

[13] Shelby FOOTE, op.cit., page 1042.

[14] Ibid.

[15] Robert SUHR, op.cit., pages 1-2.

[16] Idem, pages 3-5.

[17] Shelby FOOTE, op.cit., page 1043.

[18] John SALMON, op.cit., page 250.

[19] Robert SUHR, op.cit., page 7.

[20] Shelby FOOTE, op.cit., page 1046.

[21] Idem, pages 1043-1044.

[22] Idem, page 1045.

[23] Ibid.

[24] Idem, page 1047.

[25] Idem, page 1045.

[26] FLOYD Dale E., LOWE David W., Walkerton, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; Shelby FOOTE, op.cit., page 1046.

[27] Ibid.

[28] Jedediah HOTCHKISS, op.cit., p. 430.

[29] Idem, page 1049.

[30] Idem, page 1050.

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