La seconde campagne du Maryland

Le retraite de Hunter et ses hommes dans la vallée de la Kanawha en Virginie Occidentale après sa défaite à Lynchburg eut pour conséquence de laisser la porte de celle de la Shenandoah ouverte pour les confédérés. Early, que Lee avait envoyé dans ce secteur pour y accomplir deux objectifs, sauver les carrefours ferroviaires l’approvisionnant, ce qu’il venait de faire en repoussant Hunter, et attirer le plus de forces fédérales loin de Petersburg où l’Armée du Potomac assiégeait celle de Virginie du Nord, vit là l’opportunité de conquérir toute la vallée et ses ressources, pénétrer dans le Maryland pour menacer Washington et ainsi accomplir son second objectif.[1]

Pour mener sa campagne, Early disposait d’approximativement 14 000 hommes qu’il organisa en deux détachements. Le premier se composait des divisions de Gordon et de celle du général John Echols qui commandait désormais les forces jusqu’alors sous les ordres de Breckinridge qui lui, prit la tête de tout le détachement. Early garda le commandement direct du second qui se composait des divisions de Rodes et Ramseur ainsi que de celle de cavalerie de Ramson avec ses 2000 cavaliers.[2]
De l’autre côté, les forces fédérales étaient beaucoup plus dispersées. Hunter, avec la principale force, se trouvait au début de la campagne dans la vallée de la Kanawha et n’arriverait pas à Harpers Ferry pour jouer un rôle avant le 15 juillet. Le reste du département de Virginie Occidentale, les garnisons défensives des Baltimore and Ohio Railroad et Chesapeake and Ohio Canal sous les ordres de Sigel, se trouvaient toujours dispersées dans le nord de la vallée et le long du Potomac. L’Union pouvait également compter sur le 8ème corps du général Lewis Wallace dont le quartier général se trouvait à Baltimore. Ce corps était composé de troupes peu entrainées, ayant signé des contrats de courte durée et comptait environ 2300 hommes.[3] Enfin, il restait encore quelques petites unités dans la garnison de Washington mais très peu puisque Grant en avait incorporé une grande partie dans l’infanterie de l’Armée du Potomac.[4]

Le plan de Early était donc évident. Maintenant qu’il n’y avait plus de force fédérale conséquente entre lui et le Potomac, il lui fallait descendre la Shenandoah jusqu’à ce dernier et le franchir près de Harpers Ferry en usant des ressources de la vallée pour rééquiper ses troupes. Ensuite, une fois entré dans le Maryland, il mettrait le cap vers le sud-est, droit sur Washington pour, nous l’avons déjà dit, forcer les nordistes à réduire la pression sur Petersburg pour venir sauver leur capitale. Lee avait également une autre possibilité en tête. Connaissant maintenant le caractère très agressif de Grant, il considérait aussi la potentialité que le commandant nordiste exploite le fait que Lee était privé du corps de Early pour déclencher une attaque générale contre les défenses fortifiées de l’Armée de Virginie du Nord et s’exposerait ainsi à un désastre tel que celui de Cold Harbor que Lee exploiterait en contrattaquant et ainsi repousser l’Armée du Potomac.[5]

Côté fédéral, le plan était relativement simple. La priorité de Grant dans sa stratégie globale en Virginie étant l’armée de Lee, les fédéraux devraient se contenter des forces disponibles pour arrêter Early et protéger Washington. Cette tâche devant être accomplie de façon efficiente, c’est-à-dire obtenir les meilleurs résultats avec le moins de forces possibles, Grant n’accepterait de redéployer des forces qu’en cas de réelle nécessité.

Après avoir vainement pourchassé Hunter alors qu’il battait en retraite, Early mit le cap sur Staunton où il passa la journée du 27 juin afin de réorganiser ses troupes et les reposer en vue de la nouvelle campagne. Le 28, les confédérés se remirent en route sur la Valley Pike pour descendre la vallée.[6] Le 2 juillet, ils arrivèrent à Winchester et le 4 se trouvaient à Martinsburg que les fédéraux de Sigel venaient d’évacuer pour se replier à Maryland Heights, sur l’autre rive du Potomac, en laissant derrière eux de précieuses ressources que les sudistes ne se firent pas prier pour exploiter. Par après, Sigel se contenta de gêner la progression sudiste en faisant livrer quelques escarmouches à ses cavaliers.[7]

Les 5 et 6 juillet, Early franchit le Potomac à Sheperdstown et Boteler’s Ford, en amont de Harpers Ferry. Seules quelques feintes furent réalisées devant la ville afin d’y fixer la garnison, commandée par le général Max Weber, et en tester les défenses pendant que le gros des forces franchissait le fleuve et que de petites troupes lançaient des raids contre la Baltimore and Ohio Railroad et le Chesapeake and Ohio Canal. Il fit également envoyer les cavaliers de McCausland dans un raid contre la ville de Hagerstown. Le 8, continuant leur progression sans entrave réelle, les sudistes passèrent les South Mountain à Fox’s et Turner’s gap et poursuivirent vers Frederick, passant la nuit à Middletown.[8]

Alors que les confédérés avançaient sans rencontrer de résistance notable, Wallace décida de déplacer son 8ème corps à l’endroit qu’il estimait être le plus approprié pour défendre à la fois Washington et Baltimore puisqu’il ne savait pas encore quel était l’objectif de Early. Après s’être penché sur les cartes, il opta pour une position défensive derrière la Monocacy River. Il était bien conscient qu’il ne pourrait pas stopper l’avancée confédérée avec ses forces, et ce bien qu’il avait joint à ses troupes tous les hommes sur lesquels il avait pu mettre la main, essentiellement des miliciens. Son objectif était surtout de gagner du temps en attendant que des renforts envoyé depuis l’Armée du Potomac n’arrivent pour défendre la ville.[9]

Ces renforts étaient effectivement en route. Une fois informé de la situation dans le Maryland le 6 juillet, Grant fit dépêcher à Baltimore la division du général John Brewerton Ricketts, issue du 6ème corps et deux divisions de la cavalerie de Sheridan, afin de renforcer les forces de Wallace. Une fois arrivé à Baltimore dans la soirée du 7, Ricketts fit monter ses hommes dans des trains qui les amenèrent à Monocacy Junction où il rejoignirent la ligne défensive de Wallace. Les cavaliers furent eux, laissés à Baltimore et Washington pour rassurer la population, mais sans chevaux et trop épuisés par leurs récentes expéditions ceux-ci n’étaient d’aucune utilité.[10]

Au matin du 9 juillet, Early avança vers les positions fédérales qu’il attaqua. S’en suivi la bataille de Monocacy qui vit, au terme de la journée, les confédérés repousser les nordistes vers Baltimore et franchir la Monocacy river. Les pertes s’élevèrent à environ 700 hommes pour le Sud contre plus ou moins 300 pour le Nord auxquels il faut ajouter environ 1000 prisonniers. Mais plus important, Early avait perdu un jour dans sa course pour Washington, il lui restait encore environ 50 kilomètres à parcourir alors qu’il se doutait que des renforts fédéraux faisaient également route vers la capitale fédérale. Autre conséquence, Wallace fut remplacé par Ord bien que sa décision de se porter au devant des confédérés avait permit de gagner un temps précieux et qu’il avait fait au mieux avec les moyens qu’il avait à sa disposition.[11]

Le 10 juillet, les confédérés reprirent leur progression jusqu’à Rockville et dans la matinée du 11, les cavaliers sudistes qui ouvraient la marche arrivèrent aux abords des fortifications de la capitale dont ils examinèrent les défenses. Early arriva avec une partie de l’infanterie vers midi et ordonna à Rodes de lancer au plus vite sa division à l’attaque tant que les fortifications de la ville n’étaient pas encore puissamment défendues. En effet, à ce moment, bien que le système de fortifications était un ensemble solide et difficilement attaquable, peu d’unités y étaient présentes et celles-ci étaient de piètre qualité car composées de miliciens, de régiments à courte durée d’engagement ou de convalescents.[12] Mais Rodes ne put se lancer à l’assaut, épuisés par les nombreux jours de marche qu’ils venaient d’effectuer, ses hommes mirent trop de temps pour se préparer et l’attaque fut repoussée au lendemain.[13] En effet, sur les quelques 10 000 hommes qu’il restait à Early, environ un tiers pouvait être considéré comme étant apte au combat, les autres avaient besoin de repos.[14] Mais comme les sudistes perdaient du temps, les fédéraux eux le mettaient à profit. Durant la journée, le reste du 6ème corps de Wright, à qui Grant avait fait quitter le siège de Petersburg le 9 juillet, et deux divisions du 19ème corps ayant servit lors de la campagne de la Red River qui avaient été ramenée sous les ordres du général William Hemsley Emory arrivèrent à Washington et vinrent progressivement grossir la garnison de la ville.[15]

Le 12, des combats d’artillerie et quelques escarmouches de tirailleurs se déroulèrent entre les deux forces près des forts Stevens et De Russy, deux des forts composant les fortifications de la capitale fédérale, sans qu’aucune attaque ne soit réellement lancée.[16] Comprenant que l’occasion de prendre Washington était passée, Early décida de se replier dès la tombée de la nuit et d’aller se mettre à l’abri dans la vallée de la Shenandoah.

Chargeant les cavaliers de Ransom d’assurer l’arrière garde, Early fit mettre en route ses forces vers le Potomac qu’elles franchirent à White’s Ford, en aval de Harpers ferry, le 14 et poursuivirent leur route vers la vallée qu’il atteignirent le 16 en passant les Blue Ridge Mountains et campèrent à Berryville le 17.[17] Pendant ce temps, la poursuite fédérale fut dans un premier temps pour le moins peu appuyée, seules quelques petites escarmouches de cavalerie eurent lieu sans poser de réelles menaces pour les confédérés.

Afin d’organiser la poursuite, Grant mit Wright aux commandes de toutes les forces qu’il pouvait regrouper pour combattre Early, c’est-à-dire, son propre 6ème corps, que la division de Rickett rejoignit à Leesburg où Wright avait rassemblé ses forces, et les deux divisions du 19ème corps de Emory. Le reste, la garnison de la ville et le 8ème corps de Wallace restèrent en retrait. Jusqu’alors, le fait que les différentes unités fédérales défendant Washington se soient trouvées sous différents commandements avait empêché une poursuite efficace car ceux-ci ne parvinrent pas à s’organiser.[18]
Dans le même temps, le 15 juillet, Hunter arriva à Harpers Ferry avec ses troupes et fut informé par Halleck qu’il devait rassembler toutes les forces possibles de son département, celui de Virginie Occidentale, c’est-à-dire ses propres troupes avec lesquelles il venait de revenir de sa campagne dans la vallée et celles qu’il avait laissé sous les ordres de Sigel, et coordonner ses actions avec Wright dans le but de coincer et détruire les forces sudistes en retraite. Hunter décida donc d’incorporer les troupes de Sigel au sein du reste de ses forces et renvoya ce dernier à Washington après l’avoir remplacé par le général Albion Paris Howe le 8 juillet.[19] Il décida ensuite de diviser celles-ci en deux forces distinctes, l’une positionnée à Martinsburg, composée des cavaliers de Averell et des fantassins du colonel Isaac Duval, qu’il garda sous son commandement direct et l’autre installée à Halltown, comprenant les cavaliers de Duffié et les fantassins de Sullivan, très vite remplacé par le colonel Joseph Thoburn, avec Crook aux commandes et pour instructions de se placer sous les ordres de Wright, qu’ils rejoignirent à Leesburg le 17.[20]

Le même jour, Wright donna ses instructions en envoyant Crook prendre position à Snicker’s Gap pour tenir le passage des Blue Ridge Mountains en prévision de la progression vers Snicker’s Ford où il comptait franchir la Shenandoah avec le reste de ses troupes. Duffié devait lui effectuer une reconnaissance du gué.[21]

Le 18 vers midi, Crook prit Snicker’s Gap, sans avoir du combattre et Duffié avança vers Snicker’s Ford mais en fut repoussé à deux reprises par les troupes de Gordon qui en gardaient le passage. Comprenant que les fédéraux étaient sur ses arrières et sachant qu’il ne pouvait prendre le risque de les laisser le menacer de la sorte, Early décida de faire faire demi tour à ses forces et d’aller aux devant des nordistes. Au même moment, les fantassins de Thoburn se présentèrent devant un autre gué, un peu plus en amont, Judge Parker’s Ford, où il franchirent la Shenandoah sans trop de difficultés avant de voir les hommes de Breckinridge et Rodes leur tomber dessus près de Cool Spring et les repousser jusqu’à la rivière. Les combats se poursuivirent jusqu’à la tombée de la nuit et les fédéraux se retirèrent sur la rive orientale durant la nuit.[22] Les sudistes établirent de la sorte une ligne défensive derrière la Shenandoah qui leur permettait de tenir en respect les forces de Wright, incapables de forcer le passage.

Le 19, afin de menacer le flanc gauche et les arrières de Early qui faisait face à Wright, Hunter mit en marche ses troupes depuis Martinsburg vers Winchester. Une fois informé de cette nouvelle menace, Early décida fort judicieusement d’abandonner sa ligne défensive derrière la Shenandoah et de se replier vers Winchester de façon à ne pas être prit en tenaille entre les deux forces fédérales.[23]

Vers midi le 20 juillet, les cavaliers de Averell entrèrent en contact avec les fantassins de Ramseur installés sur une position défensive à Rutherford’s Farm près de Winchester. Très vite soutenu par l’infanterie de Duval, les nordistes profitèrent d’une erreur de Ramseur pour le frapper sur son flanc droit et le forcer à se replier sur Winchester, la nuit tombante empêchant toute poursuite. Early installa alors ses forces sur une nouvelle position à Fisher’s Hill.[24]
Dans le même temps, Wright arriva avec ses forces à Berryille et constatant qu’aucune force sudiste ne se trouvait dans le secteur, il estima que les hommes de Averell et Duval, qui étaient en train de livrer bataille à Ramseur, avaient trouvé l’arrière garde de Early qui était donc en pleine retraite dans la vallée pour rejoindre l’Armée de Virginie du Nord à Petersburg. Wright, jugeant que sa mission de défendre Washington était maintenant remplie et qu’il était préférable qu’il retourne auprès de l’Armée du Potomac pour la renforcer, décida le soir même de faire faire demi-tour aux 6ème et 19ème corps en leur faisant prendre la route de Washington.[25] Ce faisant, il laissa Crook aux commandes de la poursuite dans la vallée.

Dès l’aube du 21, les cavaliers de Averell entrèrent dans Winchester où ils furent rejoint dans la journée par les hommes de Duval et Crook. Celui-ci, décida de réorganiser ses forces en trois divisions d’infanterie commandée par Duval, Thoburn et Mulligan et deux de cavalerie toujours sous Averell et Duffié.
Sans attendre, des cavaliers nordistes furent envoyés vers Kernstown afin de chercher à découvrir les positions confédérée.[26] Le lendemain, Crook y déplaça toutes ses unités.

Le 23 juillet, les éclaireurs confédérés informèrent Early du départ de Wright. Réagissant très vite, car comprenant que cela voulait dire qu’il allait retourner auprès de Grant alors que l’objectif sudiste de cette campagne était d’attirer le plus de forces possibles au nord, Early décida de faire demi tour à ses forces en route pour Strasburg et d’attaquer les troupes de Crook à Kernstown.

Le 24, vers midi, les confédérés attaquèrent et prirent par surprise les fédéraux qui furent repoussés dans le plus grand désordre, la retraite tournant même à la débandade complète. Crook ne fut en mesure de réorganiser ses forces qu’une fois à Winchester et décida immédiatement de se replier sur Martinsburg. La seconde bataille de Kernstown lui coûta environ 1200 hommes, dont Mulligan mortellement blessé, et tous ses approvisionnements. De l’autre côté, les sudistes perdirent quelques 600 hommes.[27]

Hunter ordonna alors à Crook de retirer ses troupes de la vallée et de les repositionner dans le Maryland. S’exécutant sans attendre, les fédéraux franchirent le Potomac à Williamsport le 26 juillet. Crook envoya ses deux divisions d’infanterie restantes – celle de Mulligan ayant été dissoute et ses restes incorporés à la division de Thoburn – à Halltown et les cavaliers de Averell à Hagerstown. Il fit également placer des postes d’observation tout le long des points de passage du Potomac afin d’observer toute approche sudiste vers le fleuve.[28]

Inquiété par ce retournement de situation et le risque de voir les sudistes franchirent une fois encore le Potomac, Halleck annula les ordres de Wright le renvoyant avec ses deux corps en Virginie et lui indiqua de se rendre avec toutes ses troupes à Monocacy Junction, où Hunter avait établit son quartier général afin de se placer sous le commandement de celui-ci et l’aider à prévenir toute nouvelle offensive de Early. Le 29 juillet, les nordistes étaient en position.

Toujours soucieux d’accomplir son objectif principal de retenir le plus de forces fédérales possibles loin de Petersburg, Early décida qu’il lui fallait reprendre l’initiative afin d’empêcher le départ de Wright et Emory. Il ordonna donc à McCausland de prendre deux brigades de cavalerie, pour un total d’environ 3000 hommes, et de lancer un raid contre la ville de Chambersburg dans le sud de la Pennsylvanie. Early espérait que cela serait suffisant pour créer la panique au nord car au vu de l’état de ses troupes, trop épuisées pour lancer un nouveau raid après deux mois de manœuvres, il ne pouvait se permettre de leur faire refranchir le Potomac.
Le 29 juillet, les cavaliers sudistes franchirent le fleuve. Très vite alerté, Hunter prit immédiatement des mesures défensives pour défendre Washington et Baltimore. Averell tenait les cluses des South Mountains, Crook fut positionné à Monocacy Junction.[29]

Le 30 juillet, McCausland atteignit son objectif et ne recevant pas la rançon qu’il exigeait pour ne pas bruler la ville, il la fit incendier avant de se remettre en route pour le Potomac et la Virginie Occidentale. Les cavaliers nordistes de Averell arrivèrent sur place environ trois heures après le départ des sudistes et se mirent immédiatement en route à leur poursuite. Ils rattrapèrent l’arrière garde confédérée près de Hancock avec laquelle ils livrèrent une première petite escarmouche avant d’en livrer une deuxième le lendemain à Folck’s Mill sans toutefois pouvoir les empêcher de passer sur la rive sud du fleuve à Cumberland le 2 août.[30]
Averell n’arrêta cependant pas sa poursuite pour autant. Il envoya ses éclaireurs à la recherche des cavaliers confédérés qui les trouvèrent finalement près de Moorefield où il les attaqua à l’aube du 7 août malgré son infériorité numérique et parvint grâce à l’effet de surprise à les mettre en déroute en prenant 600 prisonniers affaiblissant fortement la cavalerie de Early.[31]

Figure 96: Actions et mouvements des belligérants dans la vallée entre le 17 juin et le 7 août

azerty

Source: BLUHM Raymond K. Jr., The Shenandoah Valley Campaign, March-November 1864, Washington: Center of Military History United States Army, 2014, p. 32.

Avec cette campagne, les confédérés reprirent et sécurisèrent le contrôle de l’ensemble de la vallée de la Shenandoah et par conséquent de toutes ses ressources. A aucun moment, la prise de la capitale fédérale n’avait vraiment été un objectif, tout au plus cela représentait la cerise sur le gâteau. Pour conquérir la vallée, Early avait forcé à la retraite plusieurs forces fédérales, celles de Hunter premièrement mais également celles de Wright et Emory, des unités qui avaient été appelées en renfort pour défendre Washington. Et c’était là l’objectif premier de Early, forcer Grant à dépêcher des troupes jusqu’alors employées à assiéger l’Armée de Virginie du Nord, afin de réduire la pression sur celle-ci.[32] En cela il avait donc plutôt bien réussi et le retournement de situation qu’il causa avec sa victoire à la seconde bataille de Kernstown améliora encore un peu plus son succès en la matière car cela décida Grant à maintenir des forces dans le nord et à les organiser en une seule force ayant pour seul et unique objectif de détruire les forces confédérées présentes dans la vallée. Enfin, il n’hésita plus cette fois à placer un commandant déterminé à la tête des cette force, Sheridan et ainsi déclencher la troisième campagne de la vallée de la Shenandoah dans le but d’éliminer une bonne fois pour toute la menace que représentait celle-ci.[33]


[1] Cette campagne se déroulant durant la même période que celle du siège de Petersburg et en parallèle de celle-ci dans une région bien particulière du théâtre de Virginie, nous ne présenterons pas ici la situation des autres théâtres de la guerre afin d’éviter de se répéter inutilement. Cela sera donc traité intégralement dans le chapitre relatif au siège de Petersburg.

[2] Shelby FOOTE, op.cit., pages 446-447. ; Raymond BLUHM, op.cit., page 31.

[3] Idem, pages 31-33. ; Shelby FOOTE, op.cit., page 451.

[4] James McPHERSON, op.cit., page 833.

[5] Shelby FOOTE, op.cit., page 446.

[6] Jedediah HOTCHKISS, op.cit., page 479.

[7] Shelby FOOTE, op.cit., page 447. ; Raymond BLUHM, op.cit., page 31.

[8] Ibid. ; George POND, op.cit., pages 47- 48 / 52-53.

[9] Raymond BLUHM, op.cit., page 33. ; George POND, op.cit., page 56. ; Shelby FOOTE, op.cit., page 451.

[10] Idem, pages 451-452.

[11] George POND, op.cit., pages 57-58. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Monocacy, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; James McPHERSON, op.cit., page 833. ; Raymond BLUHM, op.cit., page 34.

[12] James McPHERSON, op.cit., page 833.

[13] Raymond BLUHM, op.cit., page 34.

[14] Shelby FOOTE, op.cit., page 454.

[15] Raymond BLUHM, op.cit., page 35.

[16] FLOYD Dale E., LOWE David W., Fort Stevens, Washington: Civil War Sites Advisory Commission. ; James McPHERSON, op.cit., page 833. ; Au cours des combats, Abraham Lincoln vint en personne sur les fortifications fédérales pour observer les combats. Ce fut l’unique fois où le Président assista la guerre civile de ses propres yeux. Cet épisode donna lieu à un évènement cocasse. N’ayant pas reconnu Lincoln, Oliver Wendell Holmes Jr., lui hurla de se mettre à couvert des tirs.

[17] Shelby FOOTE, op.cit., page 461.

[18] James McPHERSON, op.cit., page 833.

[19] John C. FREDRIKSEN, op.cit., p. 466.

[20] Raymond BLUHM, op.cit., pages 35-37.

[21] Idem, page 37.

[22] Ibid. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Cool Spring, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[23] Raymond BLUHM, op.cit., pages 37-38.

[24] Idem, page 38. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Rutherford’s Farm, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[25] Raymond BLUHM, op.cit., page 38.

[26] Ibid.

[27] FLOYD Dale E., LOWE David W., Second Kernstown, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[28] Shelby FOOTE, op.cit., page 539. ; Raymond BLUHM, op.cit., pages 38-39.

[29] Idem, pages 39-40. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Folck’s Mill, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[30] Raymond BLUHM, op.cit., page 40.

[31] Idem, page 40. ; FLOYD Dale E., LOWE David W., Moorefield, Washington: Civil War Sites Advisory Commission.

[32] Shelby FOOTE, op.cit., page 461.

[33] James McPHERSON, op.cit., page 834.

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